C’est en Algérie, avec l’amitié et l’aide de familles nomades,
que notre Fraternité a été fondée.
Et, si aujourd’hui notre communauté a visage international, nous gardons par fidélité à l’amitié
première, un lien privilégié avec le monde musulman.
Plus ou moins tous les deux ans, en vue de réactualiser cette histoire,
quelques petites sœurs vivant dans des quartiers multiculturels relisent
ensemble leurs liens de proximité avec les voisins musulmans.
Certaines d'entre nous vivent ces insertions depuis plusieurs années,
d'autres y arrivent depuis quelques mois … à elles la parole.
Avant de commencer à parler de ce qui se vit dans nos différents lieux de fraternités, il y a la joie des retrouvailles entre nous.
"C’est pour moi un moment important de rencontrer mes sœurs qui viennent de différentes fraternités insérées dans des quartiers populaires.
Nos réalités sont à la fois semblables et différentes, parce que personnalisées, c’est un grand moment d’ouverture.
Le partage des expériences me permet de relativiser certaines situations, et j'y gagne en enthousiasme pour la rencontre de l’autre."
La joie des retrouvailles
Dans les quartiers d'où nous venons, les traditions de chaque groupe humain font partie de la vie de voisinage. Les célébrations, tristes et joyeuses qui ponctuent la vie des familles, permettent aux voisins de participer, à leur tour, aux événements familiaux de l'autre; quand on a mangé, pleuré ensemble, la relation se fait proche.
Un lieu d'ouverture d'amitié...
Quels moyens envisager pour favoriser un dialogue avec l'autre différent dans sa culture, ses origines, ses croyances...?
"Revenue en France depuis quelques mois, je découvre le quotidien d’une grande cité de banlieue.
Dans les moyens que j’ai pris pour m’aider à entrer dans la vie du quartier il y a ma participation à l'atelier couture du centre social. Là, je rencontre des femmes originaires de différentes nationalités : nous échangeons des conseils, partageons des nouvelles... C’est pour moi un lieu d’ouverture, d'accueil à l'amitié.
Un jour, alors que j’étais en visite à l’hôpital, Samia m’a aperçue. Plus tard, durant l'atelier couture, nous avons reparlé de ces démarches. Partager librement les soucis de famille entraine une certaine proximité.
Je crois fort à ces relations ordinaires, premier lieu du dialogue humain et inter religieux."
"La session à laquelle j’ai participé m’a permis de comprendre quelques points de la religion de mes amies, j’ai ainsi pris connaissance qu’il y a une diversité d’expression pour une même foi.
Je constate aussi que pour respecter mes amies, leur foi, leur culture… il n’y a pas un seul chemin, que ça dépend des situations, des personnes, des pays concernés, des cultures…"
Si j'ai envie de comprendre l'histoire de l'autre pour fonder l'amitié, cela inévitablement me renvoie à ma propre histoire, car d'où je viens influe sur ma façon de regarder l'autre.
"Cette session m’a permis de constater combien j’avais besoin de connaitre la culture de l’autre, son chemin, pour mieux le comprendre. Et là, j’ai un effort à faire.
Dans le quartier où je vis, les relations sont faciles parce que simples et ordinaires, ça me va très bien. C’est une amitié forte qui nous unit.
Par contre au début de la réunion je me suis sentie un peu perdue, je n’arrivais pas à suivre la discussion, parce que je venais "d'ailleurs".
Mon origine espagnole et l’influence arabe dans mon pays me placent dans une rencontre différente que celle de la France, nous n’avons pas la même histoire."
S'enrichir les uns les autres
"Etienne Renaud, un Père Blanc qui a vécu plusieurs années dans les pays
du Maghreb et du Moyen-Orient, nous a fait redécouvrir les traditions propres
de ces pays et leur histoire religieuse.
La connaissance et l'expérience des autres sont une aide pour avancer dans
le respect de chacun."
Les discussions qui se prolongent
par le partage du repas
Si la relation de voisinage est pour nous premier lieu du dialogue, la rencontre de l'autre dans un lieu de débat avec la volonté de se connaitre dans nos différentes traditions, permet aussi un chemin de compréhension et de respect.
"En ce qui concerne le dialogue islamo-chrétien ou interreligieux, je me rends compte qu’il se pratique à petits pas, dans des groupes de bases où les relations sont amicales et désireuses de respect mutuel.
Les manifestations de sympathie, par les représentants des différentes familles de croyants présentes dans ces groupes, lors des fêtes où d’événements graves dans les communautés diverses, montrent qu’un chemin de reconnaissance est en marche.
Et quand on parle de dialogue interreligieux j'ajouterais qu'il peut se pratiquer en tous lieux de rencontre, y compris entre nous, dans nos propres traditions."
Choisir l'universalité
"Dans beaucoup de nos fraternités, nous nous trouvons au carrefour de plusieurs cultures et religions, dans nos quartiers et au travail. Cela nous provoque à creuser cet appel à l'universalité.
Dans la rencontre, chacun(e) reçoit et donne la Vie".Relecture internationale de la Fraternité

Harmonie de la lumière
dans ses différentes couleurs.
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Dernière mise à jour: le 13/07/2012
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