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Petites Soeurs de Jésus

de Charles de Foucauld

Déracinements, migrations...

...comme un quartier que l'on reconstruit.

 

Depuis quarante ans, la fraternité est présente à Salon-de-Provence.
D'abord dans une petite cité où résidait une cinquantaine de familles,
puis, à cause de la reconstruction de l'habitat devenu vétuste,
dans une cité proche, plus grande et aux multiples nationalités.

 

A l'image du quartier, qu'est-ce qui s'est détruit et reconstruit
des relations tissées durant tant d'années avec les voisins?
Maria Shigeko et Bernadette les petites soeurs qui vivent depuis vingt ans
dans ce quartier nous disent ces moments et pourquoi elles sont restées là.

 

 


 

Redémarrer

"Dans le premier quartier toutes les familles, originaires du Maghreb, se connaissaient. Il y avait là une communauté vraiment humaine.

 

Relogés provisoirement dans une cité proche, certains locataires après les travaux sont retournés dans leur ancien quartier, d'autres non. Nous, nous sommes restées.

 

Dans les allées et venues du quotidien, il n'est pas rare de rencontrer les anciens voisins; les liens d'amitié, de proximité, sont une force pour traverser les déracinements.

Aujourd'hui, après sept ans du déménagement, on mesure combien il est difficile de créer de nouveaux liens de voisinage dans une grande cité."

 


Trois petites soeurs

A la fenêtre de la fraternité

 

 


Et pourtant... l'inattendu des rencontres

De gros problèmes de canalisations ont entrainé des travaux à répétition dans l’appartement...


"Cette période a été une rude épreuve dont on ne voyait pas le bout. Et c’est là, dans cette situation,
que nous avons pris conscience des liens tissés avec les nouveaux voisins. Certains se sont fortement
impliqués pour nous aider même en notre absence.
Par les interventions successives des entreprises, une brèche s'est ouverte.
Un homme qui jusque-là nous appelait "Madame", a dit un jour à l’une de nous :

« Ma sœur, pouvez-vous prier pour moi, voici ma situation…»

 

 



Immeubles et lumignon

La lumière est revenue

Des lumières sur le chemin

Pour des raisons médicales de l’une des petites soeurs, la fraternité est restée fermée trois mois. Au retour, une voisine est venue leur dire :


« Vous voilà de retour, sans travail donc sans salaire, nous nous sommes cotisés pour vous permettre de redémarrer, c'est notre cadeau de bienvenue. »
"Nous étions très émues. Des familles avec de très petits revenus ont partagé qui cinq euros, qui trois euros…"


Comme cette veuve dont parle Jésus dans le livre des Evangiles.

 

 

Une autre voisine leur a dit :

« Durant trois mois, la petite lumière de la cité
s'est éteinte, c'était triste.»

Elle faisait allusion à la veilleuse allumée en permanence dans la pièce que nous réservons à la prière.

 

 

 

 


Un visage plein de lumière

Après une visite chez Khadidja, une amie de longue date, les petites soeurs laissent parler leur coeur:

 

"Alors que nous étions à parler avec Khadidja, Rachid fait irruption dans la pièce, ses multiples handicaps sautent aux yeux. Ce jeune de 20 ans, rayonne pourtant la joie de vivre et rien ne paraît de ses luttes. Le temps de se changer, de prendre une sucrerie, de recevoir la tendresse de sa mère, de nous embrasser chacune et le voilà reparti avec dynamisme…
Il témoigne d’une liberté possible dans tant de contraintes.
Les siens prennent le risque de cette liberté, l’affection ouvre l’espace pour que Rachid parcoure sa route autant qu’il le peut."


 



 

Pourquoi es-tu là, dans ce quartier?

La rencontre de l'autre dans sa culture, ses racines, son histoire ne laisse pas indemne celle, celui qui se laisse toucher:

 

"Dans le premier quartier, nous étions une cinquantaine de familles, en majorité originaires du Maghreb et musulmanes. Leur foi a fait grandir la mienne j’ai été frappée par l’absolu de Dieu dans leur vie. J'étais croyante parmi des croyants

Notre fraternité peut être  lieu de rencontres entre cultures, origines, religions différentes. Quand des amis hors quartier nous demandent ce que nous vivons, nous leur disons "venez voir"... ce déplacement est le premier pas de la rencontre.
Quand des jeunes se rencontrent là, qu’ils parlent entre eux, ça passe mieux que si c’était nous qui racontions."

 


Assiette suspendue au mur

La prière du Notre Père en écriture arabe

 

 

 


"Un jour que nous étions ainsi avec un petit groupe chez nous,
une voisine a apporté un pain tout chaud qu’elle venait de cuire,
elle souhaitait le partager avec nos hôtes.
Simple signe de l’hospitalité, ordinaire dans notre environnement."

 

 

 

Tableau dans la fraternité

"Reconnaissance"
écrit en japonais

 

 

 

Une longue histoire...

Il y a plusieurs années, au Japon d’où elle est originaire, Maria Shigeko a été interpellée par une campagne de sensibilisation de la JOC * en vue de l’accueil des immigrés. C’était alors des jeunes qui arrivaient des campagnes vers les villes à la recherche d'un emploi. Reconnus à leur accent, ils étaient objet de plaisanteries et n’osaient plus parler.

 


...d'accueil

"J’ai gardé cette réalité en moi avec le souhait de partager leur condition.


Pourquoi en France ? Je ne sais pas, si j’avais su combien le français était difficile peut-être que je serais allée ailleurs !

 

 

 

 

 





Dans ma vie j’éprouve ce que les immigrés traversent au quotidien :
La difficulté de participer à une conversation, la solitude avec les autres,
la contrainte de vérifier que j’ai bien compris quand on se met d’accord pour une chose…

Maintenant j’ai une carte de séjour et je peux travailler ça change beaucoup pour moi.
Il y a les jours d’incompréhension, de renoncements…
Il y a aussi au fond de moi la paix, la sérénité. Je vois que Dieu conduit mon chemin."


 

 

 

Bethléem... un don pour notre aujourd'hui

"Non pas promesse d'un avenir facile ou d'une confiance naïve dans les progrès humains, mais force qui puise à la source de la Vie.


Alors, nous pourrons vivre l'inaccompli des situations humaines, les tensions et les contradictions sans solutions, les différentes étapes de naissance ou de mort, toute sorte de recherches passionnantes, comme expressions de l'unique mystère de la Vie.


Et nous pourrons le vivre avec un amour confiant et ardent pour Jésus et pour notre monde, sans peur d'être et de devenir toujours plus les pauvres que Dieu nous appelle à être..."

 

Maria Chiara,

Nouvelle responsable internationale de la Fraternité.
Octobre 2011

 

 

 


Maria Shigeko
devant l'entrée d'immeuble
où elle fait le ménage.



 

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* JOC Jeunesse Ouvrière Chrétienne

 


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Dernière mise à jour: le 23/01/2012

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