A la fin du mois de décembre, Cécilia, petite soeur aux Philippines, par des relations proches
de famille, d'amis,
nous avait partagé quelques nouvelles de son pays affronté au typhon "Sendong".
Après un séjour en famille dans une région proche de celle qui a été touchée par les crues,
elle s'est rendue à Iligan et Cagayan de Oro. Voici le récit de ses rencontres...
"C'est avec l'intention de rencontrer les amis de cette région fortement touchée par les crues que j'ai pris la route vers Iligan et Cagayan de Oro.
Ces lieux, où j’ai vécu étudiante puis en fraternité, me sont si familiers.
Après 8 heures de route, je suis arrivée à Iligan pour passer la nuit. Descendue à l'arrêt proche du pont j'ai eu un premier aperçu des dégâts causés par le typhon Sendong:
Là où existait un groupe de maisons proche de la rivière, il ne restait plus qu'un terrain envahi de boue, de troncs d'arbres, de racines, de détritus de toutes sortes.
Tout au long de la route, des gens se sont construit des cabanes, à proximité de leur ancienne maison d'où, du milieu des décombres, ils espèrent retrouver quelques biens.
Des voitures non réclamées et recouvertes de boue sont laissées sans surveillance.
Près de la rivière l'eau se retire
Avec une amie, je me suis rendue sur le lieu de notre ancienne fraternité.
Le gouvernement avait déjà aplani et nettoyé la route ce qui rendait la circulation possible.
La boue évacuée était entassée, telles de petites collines sur les bas côtés.
Peu d'habitations ont pu résister et celles qui restent debout sont remplies d'une boue durcie.
Je n’ai presque pas pu reconnaitre les lieux.

Enchevêtrement de troncs d'arbres
Bien sûr, l'eau potable est coupée ainsi que l’électricité. Les gens achètent ou reçoivent des bouteilles d’eau même pour se laver.
Un peu plus loin dans le quartier musulman, une voix appelle : « Petite sœur » c’était notre ancien voisin, « c’est bon que vous veniez ».
Je me suis assise pour écouter leur histoire.
Deux musulmans de ce quartier sont morts emportés par l’inondation.
La majorité d’entre eux, réveillés par des voisins qui couraient avertir de maison en maison, ont fui vers l’école dans la colline.
Une jeune fille m’a raconté qu’avec son père ils ont grimpé sur le toit pour échapper à la furie de l’eau.
Dans les victimes, il y a beaucoup d’enfants. Certains, en mesure de fuir vers les lieux en hauteur ont été frappés par des troncs d'arbres que la crue charriait, et se sont noyés.
Une femme âgée de 81 ans m’a raconté que malade et avec une forte fièvre elle avait dit à son petit fils de se sauver lui-même et de la laisser, car elle n’avait pas la force de monter sur le toit. Mais lui n’a pas voulu la laisser, au contraire il a demandé de l’aide aux voisins pour la porter sur le toit.
Quand la crue s’est calmée, elle a trouvé encore plus difficile de descendre. Elle était vraiment épuisée.
Ainsi, j’ai appris que quelques personnes âgées sachant ces difficultés n'ont pas voulu se laisser faire et sont mortes.
A la paroisse, le prêtre réveillé alors que sa chambre se remplissait d’eau a fui pour échapper à la noyade. Il m’a raconté qu’à partir de 5 heures du matin les gens ont commencé à amener les morts, beaucoup d’enfants, qu'ils ont déposés dans les escaliers de l’église.
L’église est devenue un centre de secours et d’accueil pour les réfugiés durant plus d’une semaine.
Comme un bon berger, le curé a pris soin de son troupeau dès le début de la catastrophe. Il est resté sur la brèche alors même que son évêque lui demandait de prendre un peu de repos.
La communauté chrétienne tout entière est très engagée, non seulement dans l’aide matérielle, mais plus particulièrement dans l’écoute et l’aide aux enfants, aux survivants, à surmonter le traumatisme et la perte.
Des maisons détruites
Beaucoup de volontaires sont venus aider,
parmi eux de nombreux jeunes arrivés sur place dès le lendemain du passage du typhon.
Cela m'a touchée de voir la sincérité de leur engagement et leur attention aux victimes.

La prière comme force de Vie
Pendant que j’écris cela, j’ai le cœur lourd de tout ce que j’ai vu, entendu et des larmes remplissent mes yeux quand je pense à tous ceux qui ont péri.
Ce qui m’a touché, c’est qu’aucun de ceux avec qui j’ai parlé n’a reproché à Dieu ce qui est arrivé. La plupart étaient juste reconnaissants d’avoir été sauvés même s’ils ont tout perdu. Le désir de vivre et le courage sont plus forts que les crues de Sendong.
Continuons à prier pour eux tous car ils commencent à reconstruire leur vie. Prions pour que le gouvernement trouve des moyens sérieux de prévoir de telles catastrophes, pour qu’il s’efforce de poursuivre son aide dans les différents lieux et mette en place des plans concrets de relogement.
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Dernière mise à jour: le 2/02/2012
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