« Il ne disait rien »

« Il était comme quelqu’un que personne ne veut regarder.
On l’a fait souffrir, il a gardé le silence. »

Is 53, 7

 

Ciel sombre
Dans l’obscurité de la souffrance

Quand la souffrance s’empare de tout l’être,
quels mots pourraient la dire ?
Quels mots apporteraient un apaisement ?

Seul, parfois, un simple geste d’humanité, un témoignage de tendresse,
pourra faire naître une étincelle d’espoir.

Un matin en prenant son travail à l’hôpital
– ce pourrait être celui de notre quartier, de notre ville, de notre région…-
Petite sœur Lucile est confrontée à cette souffrance silencieuse.

 

 

De la mort…

 

« Il ne pleure pas, il ne crie pas »

Il ne pleure pas il ne crie pas.

« En prenant mon service un matin à l’hôpital, je vois que, pendant la nuit, on avait amené un tout petit trouvé dans la rue.

Je le regarde, et malgré les cernes autour des yeux il est si beau.

Que s’est-il passé ? Qu’a t-il déjà souffert?

 

En fin de journée, je réalise que le petit ne pleure pas, ne crie pas.
Il mange quand on lui donne le biberon, mais il ne demande rien.

 

 

Jésus est condamné
Mosaïque : chemin de Croix

 

 

 

Peut-être a t-il déjà tellement crié,
sans que personne ne lui réponde,
qu’il n’y croit plus.

 

 

 

 

 

Une étincelle de vie

Enfant protégé par des bras
Redonner confiance

Alors je le prends dans mes bras,
je le mets contre moi,
je le caresse le plus doucement possible.
Longtemps je reste là.

Quand je le remets dans son berceau,
il me semble voir une étincelle de vie dans ses yeux.

 

Le lendemain à mon arrivée,
j’ai la joie de l’entendre crier.

La vie a gagné !

 

 

… A la vie

 

Chacun le rassure

Les trésors du cœur s’épanouissent

Un élan de solidarité se met en route:

D’abord : trois jeunes filles, embauchées par une association,
sont toujours prêtes à prendre cet enfant dans leurs bras,
à lui donner à manger.

Najia, qui fait le ménage du service, s’y met aussi.

Chaque jour, nous trouvons des vêtements tout neufs déposés pour lui dans son berceau,
sans savoir qui les a mis.

 

 

 

 

Accompagné de tendresse…

Quand l’assistante sociale vient pour l’emmener à l’orphelinat,
nous sommes  un peu tristes et nous faisons le projet d’aller le visiter.

C’est le temps du Ramadan, une collecte permet d’acheter des vêtements de fête,
quand le commerçant apprend que c’est pour un petit enfant abandonné,
il offre le vêtement.

 

Enfant dans les bras
Accompagné de tendresse

… jusqu’à l’étape suivante

Nous voilà parties, à trois collègues, à l’orphelinat.
Notre petit enfant, renommé Sofiane, est toujours aussi beau.
Je suis sûre qu’il nous reconnaît.

 

 

 

 

 

 

Aube d’un nouveau jour

 

Plus loin une lueur

Avec  joie, nous apprenons que Sofiane vient d’être adopté par une famille.
Et nous repartons le cœur léger ! »

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