Travailler en Europe

Une trentaine de petites sœurs, issues de différents pays d’Europe,
ont relu ensemble la place du travail salarié dans la vie des
fraternités aujourd’hui, dans la société.

Des emplois manuels, sans qualification; des contrats courts sans avenir, etc.
Cette rencontre a eu lieu fin septembre 2016 en Irlande du Nord.


Tour global d’une situation

« Nous avons évoqué la situation générale du travail et du chômage dans nos pays. Ce que nous signalons depuis bien des années déjà sur la précarité, les personnes exclues, les horaires difficiles et instables, la pression au rendement, etc. tout cela n’a cessé d’augmenter dans toute l’Europe.
Il est de plus en plus difficile de trouver un travail, même précaire,
et le salaire ne permet pas de vivre.

 


Quel type d’emploi?

Les contrats à durée limitée voire sans sécurité sociale ni congés payés se multiplient.
Parfois c’est un mi-temps ou seulement quelques heures, parfois l’obtention d’un temps plein,
parfois cumul de plusieurs petits emplois.


Dans quels secteurs ?

La diversité des secteurs représentés par nos emplois
montre que les conditions de travail affectent de
nombreuses filières de base. C’est dans ces filières
que les personnes les moins qualifiées,
donc plus vulnérables, trouvent à travailler.

Agent d’entretien avec ou sans contrats.
Dans les commerces, employée d’imprimerie,
travaux saisonniers, emplois de réinsertion, etc.

Et aussi le chômage de longue durée.

 


Des personnes ?

Nous avons beaucoup parlé des horaires flexibles, ils empirent avec l’utilisation du mobile. L’employé doit être joignable et disponible tout le temps : quelle séparation entre vie privée et vie au travail. les « burn-out » se répandent.
L’une de nous, magasinière, a des écouteurs, un micro, et communique toute la journée avec l’ordinateur qui lui dicte ce qu’elle doit faire et qui la contrôle en tout.

Il arrive que des salaires soient payés avec des retards de plusieurs mois.


Quelle place pour chacun?

De plus en plus nous travaillons avec des collègues d’autres pays. Se pose alors un problème de communication et même de sécurité quand la langue française n’est pas maitrisée.

Les personnes immigrées, qu’elles proviennent de l’Europe
ou de plus loin, restent les plus exploitées, discriminées.

Nombre des personnes découragées ne cherchent même plus le travail,
comme beaucoup de nos voisins.


 

Rester debout

Des petits gestes de solidarité existent entre collègues,
mais ils ne viennent plus de soi. L’ambiance de concurrence,
de méfiance est une entrave aux relations de confiance.

Parfois, des dialogues brefs s’instaurent sur les grandes
questions de la vie.
Parfois, nous entrons dans une démarche syndicale,
ou seulement en osant la parole.

 

 


 Inventivité, reconversion

En Autriche, le seul travail de la ferme ne suffisait pas pour gagner la vie de la fraternité.
Thérèse a eu l’idée de l’apiculture.
Ce fut tout un chemin de concertation avec les petits agriculteurs.

Après la fermeture de la ferme, les petites sœurs ont planté un verger.
Des jeunes réagissent :
« Voilà une solution d’avenir et une façon de retrouver la vie dans une société d’abrutissement. »


Solidarité en deux axes

Ce travail sain, apaisant, qui promet la vie,
contraste avec ce que nous avons partagé auparavant !

Mais n’y a-t-il pas de la place pour ces deux manières de vivre le travail :

L’une est un pâtir dans le système actuel,
L’autre est de proposer autre chose.

 

« Nous restons convaincues de la nécessité
de la créativité et du travail avec les autres. »

 

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