Un nouveau rythme

Une année bientôt !

C’est en décembre 2018 que Katharina arrivait à la fraternité de Munich en Allemagne.
Après quelques semaines pour découvrir son environnement, elle s’active à trouver un emploi.
Que nous dit-elle de ses premiers pas, de ses interrogations?

Dessin de Charles de Foucauld

 

 

Une tradition?

Je suis attachée à la tradition de confier la recherche d’emploi à Saint Joseph.
En même temps, j’ai ressenti un léger doute en moi : n’est-ce pas  un « beau discours »?
Alors je suis d’autant plus impressionnée par la façon dont il a écouté mes souhaits.

Mon lieu de travail, une blanchisserie industrielle, est assez proche
de chez nous pour que je puisse m’y rendre en vélo.
C’est un travail régulier, 40 heures par semaine.
Dans une équipe internationale d’une centaine de personnes.

 

 

Un nouveau rythme

Ce qui m’étonne encore, c’est que je réussisse à me lever à 4 h 45.
Avoir le temps de déjeuner puis de prier avec ma fraternité est à
cette condition.
Puis la lumière du soleil levant, le concert des oiseaux sur mon
trajet sont des cadeaux pour la mise en route de la journée.

 

 

Tôt le matin les oiseaux…

 

La « routine »

Ma vie quotidienne est désormais tellement synchronisée :
me lever, travailler, rentrer à la maison, prier, diner… et
ensuite je peux aller dormir.

Il n’y a plus guère d’espace pour d’autres activités, la rencontre des voisins,
et les weekends s’envolent tout simplement.

 

 

Multi postes

J’ai débuté à la réception du linge sale et à la machine à plier les serviettes.
Pour le moment, je suis surtout employée là où il manque quelqu’un sur un poste.
Ainsi j’apprends beaucoup de nouvelles choses et la monotonie ne s’est pas installée

 

Trier le linge

 

En équipe

Au début j’étais un peu inquiète : pourrais-je prendre pied parmi mes collègues?
Inquiétude vite estompée par leur accueil amical.
Perçoivent-ils mon intérêt de la rencontre, ma gratitude, mon désir de les rejoindre?
Je suis surprise de la rapidité avec laquelle les uns et les autres me partagent un bout de leur vie.

 

 

 

J’aimerais… 

 

J’aimerais parler croate, slovène, bosniaque ou grec et tant d’autres langues
pour échanger avec tous ceux qui viennent de ces pays.

Dans les bons moments c’est une belle variété colorée, il y a beaucoup de blagues,
de taquineries.
Dans les moins bons moments, il est simplement épuisant qu’avec toutes ces mentalités, langues, cultures différentes… nous devions trouver tant de compromis.

 

 

 

Fraternité de Munich

« Le travail fait partie intégrante de notre vie de petites sœurs de Jésus
nous le faisons par nécessité vitale et pour exprimer une solidarité et
une appartenance au monde des pauvres.

Les relations, au cœur de nos vies, sont marquées par le coude à coude
avec nos voisins, nos collègues,  par des relations de non pouvoir,
en dépendance et solidarité. »

Relecture internationale de la Fraternité en 2017

 

 

 

« Quand Dieu nous attrape ! »

 

« C’est mon papa qui nous a élevés, maman n’était plus là.
Puis, à la mort de papa, mon frère ainé nous a pris en charge.
Avant de mourir papa avait dit à notre frère :

« Les filles doivent choisir leur chemin, ce sont elles qui vont décider. »
Pour mon frère, et pour nous aussi les filles, c’était très important d’entendre cela.« 

 

Des chemins inattendus 

Aujourd’hui dans notre fraternité de Toulouse nous avons la visite de Jovita.
Notre petite sœur est originaire de Tanzanie.

Avec elle nous commençons par regarder où se trouve exactement son pays,
les régions où elle a vécu.

Puis un dialogue s’engage.

 

 

 

— Comment as-tu connu la Fraternité?

— Par le « Bulletin vert » nous dit-elle.

 

A cette réponse nous rions toutes car le « Bulletin vert »
est un document écrit par Petite sœur Magdeleine,
dans un contexte européen de guerre.

S’il a eu un retentissement important en France,

il n’en était pas forcément de même pour une société africaine.
Il n’empêche que c’est ce petit lien qui permit à Jovita de trouver la Fraternité.

 

 

« Quand Dieu nous attrape… qu’importe les moyens » nous dit elle.

 

« Je cherche, je cherche partout Celui que mon cœur aime,
j’ai trouvé à la fraternité Celui que mon cœur aime. »
Adaptation personnelle de Jovita d’un passage biblique du Cantique des cantiques.

 

 

Choisir l’Unité

  • Qu’est-ce qui t’a fait choisir la Fraternité alors que dans ton environnement d’autres congrégations étaient présentes?
  • Je crois que c’est l’Unité. Oui le fait de pouvoir vivre ensemble de différents milieux, pays, cultures, cela m’a beaucoup parlé.

 

  • Et après que s’est-il passé? Comment as-tu trouvé des petites sœurs?
  • Avec l’aide de ma paroisse j’ai pu prendre contact avec les petites sœurs
    qui se trouvaient dans une autre région.
    Quand elles m’ont accueillie, elles étaient si contentes que c’était comme
    ci j’étais déjà l’une d’elles!
    Mais moi je venais juste voir.

 

 

Puis tu les as rejointes

— A cette époque il y avait seulement deux petites sœurs françaises sur place,
elles avaient sans doute leurs habitudes européennes, un rythme différent…
Comment ça s’est passé pour toi?
Comment as-tu intégré tout ça?

 

— En arrivant pour un séjour, je savais que j’étais là seulement pour voir.
Il est vrai que tout quitter, sa famille, ses amis, ses sécurités…
ça déstabilise un peu, pourtant au bout de trois semaines je me suis sentie bien;
je ne faisais plus attention que je vivais avec des européennes,
c’était ordinaire.

Comme je disais tout à l’heure :

 

« Quand Dieu nous attrape… la grâce vient aussi et nous conduit
doucement par des chemins d’accueil mutuel, de découvertes… »