Aventure intergénérationnelle

« Notre aventure a commencé le 23 novembre 2021… »

Ainsi commence la lettre de Bernadette, Claire et Monica
qui viennent d’installer leur nouvelle fraternité à Villeurbanne,
près de Lyon.

Elles continuent…

Petit à petit

Depuis ce jour, petit à petit nous découvrons notre environnement. Nous ouvrons notre cœur à de nouveaux visages et à une réalité intergénérationnelle.
Nous sommes locataires dans une résidence avec des personnes âgées, des personnes avec un handicap, d’autres en situation de précarité temporaire, des étudiants.

Un important personnel soignant et administratif interne et externe circule et s’active ainsi que des bénévoles.

Occasions festives

Pour Noël, le Père Devert, fondateur « d’Habitat et Humanisme » – dont notre résidence fait partie, est venu célébrer la messe de Noël pour ceux qui le souhaitaient; une vingtaine de résidents y ont participé.

Le lendemain le Directeur de la maison a fait venir un musicien pour un moment festif réussi.
Durant l’agréable collation qui a suivi nous avons eu l’occasion d’une plus ample connaissance avec les uns et les autres.

Simplicité d’un accueil

Dans toute la maison nous sentons une grande humanité :
A notre arrivée une dame nous invite chez elle,
un monsieur nous offre des stylos,
un autre personne nous envoie un message amical…
et combien d’autres, en fauteuil ou avec des béquilles, nous touchent par leur amitié naissante.

Tant à découvrir !

Notre paroisse nous réjouit par son accueil, sa vitalité, la simplicité des relations : tous les peuples y ont leur espace.

Au pied de l’église, un marché populaire très fréquenté nous ouvre un autre lieu de découverte et d’accueil réciproque.

Et puis entre nous aussi la vie fraternelle est à construire puisque nous arrivons de différents lieux sans nous connaitre.

Depuis, pour notre joie, le cercle s’élargit…

…rencontre avec des familles de résidents, coucous à partager, parties de scrabble…

Une étincelle d’amour

« Je voudrais mettre une étincelle d’amour dans chaque coin du monde. »

Saisie par la passion de l’unité,
petite sœur Magdeleine devient nomade de Dieu sur les routes du monde.

Par son intercession,
nous avons commencé une neuvaine de prière, pour que la paix revienne dans les pays secoués par les guerres et, en ces jours,
plus spécialement en Ukraine.

Sur les routes

Si des personnes souhaitent s’y associer voici le texte proposé :

Seigneur Jésus,
Tu es le maître de l’impossible.
Par l’intercession de petite sœur Magdeleine,

nous te prions avec confiance :

Augmente en nous la foi,
donne-nous un cœur fraternel, aux dimensions du monde,
accorde-nous la grâce de la paix pour l’Ukraine.

Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit
pour les siècles des siècles. Amen

Signe de contradiction

A la lecture des textes proposés pour la liturgie du deux février,
« Présentation de Jésus au Temple »
nous pouvons êtres surpris de la gravité et du contraste qui en ressortent.

Consacré au Seigneur

Lorsque l’on mène un petit enfant à l’église pour qu’il soit baptisé c’est en général un moment de joie. Les parents présentent leur enfant à Dieu, l’offrent à sa tendresse,
et accueillent la confiance qui leur est faite de donner
la vie et de la guider.

Alors comment entendre des textes aussi graves?

Le Prophète Malachie annonce :

« Le messager de l’Alliance que vous désirez, le voici qui vient
– dit le Seigneur de l’univers.

Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera?

Car il est pareil au feu du fondeur,
pareil à la lessive des blanchisseurs. »

Qui pourra tenir debout ?

Si ce messager est désiré
comment se fait-il qu’en sa présence
nous ayons du mal à tenir debout?

Un homme juste et religieux attendait la consolation :

« Mes yeux ont vu le Salut que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations… »
Luc 2

C’est par ces paroles que Syméon reçoit l’enfant amené
par ses parents pour le consacrer au Seigneur selon la Loi.

Nous attendons…

N’attendons-nous pas bien souvent quelqu’un
qui nous libère de nos tracas, des injustices, qui apporte un monde plus équitable, et nous délivre des guerres et violences de toutes sortes…?

Ce petit enfant présenté au Temple est vulnérable, dépendant. Syméon annonce :

« cet enfant sera un signe de contradiction! »

… Un libérateur

En offrande : deux colombes

Après l’attente d’un chef, d’un libérateur…
Tout l’Évangile nous parle d’attention aux plus pauvres,
de guérisons, de pardon, de partage…
Voilà le message vécu et transmis par Jésus le Messager
de Dieu.

S’il y a contradiction, combat c’est le plus souvent en nous même :
choisir de rester dans la ligne de l’Évangile est, certains jours, un défi en même temps qu’une libération.

Pour lire les textes bibliques de cet article

Dans le brouillard une lumière

Ainsi s’annonce notre Salut…

En ce temps de Noël
une étoile perce le brouillard
et nous mène à la Crèche,
où Celui qui vient nous attend.

Le Prophète Isaïe nous l’annonce (35, 4) :

« Dites à ceux qui perdent courage :
Soyez forts ! N’ayez pas peur !
Voici votre Dieu,
Il vient Lui-même vous sauver. »

Il vient réparer le mal qui blesse la création tout entière,
cette création dont nous sommes.

Comment ?

Simplement par sa présence, en venant chez nous.

Et quelle présence !
Celle d’un enfant impuissant.

La puissance de salut c’est cette impuissance,
le seul fait d’être là,
dans le consentement à ce qui est et adviendra,
dans l’accomplissement de qui veut bien l’accueillir.

Les bergers et les mages,
tous ceux qui s’approchent de cette impuissance,
en sont illuminés

Puissions-nous, nous laisser éclairer par cette lumière, y trouver pour la transmettre toute la joie dont notre monde a besoin.

Joyeux Noël

Réalités des emplois manuels

Manutentionnaire, femme de ménage, aide à la personne âgée,
commis de cuisine, employée en buanderie, ouvrière agricole,
facteur… ou encore en chômage; autant d’emplois différents
dans lesquelles travaillent les petites sœurs d’Europe.

Afin de relire ensemble, de partager, s’informer, s’encourager… sur
les conditions de travail aujourd’hui, et leurs répercussions dans
la vie quotidienne, elles n’ont pas manqué, malgré la Pandémie, le
rendez-vous de 2021. Si les rencontres par visioconférence n’ont
pas le goût du présentiel, ce moment de partage bien préparé a
été une victoire sur l’isolement.

Le goût du présentiel

Disparités sociales du travail manuel

Elles constatent, par leur expérience ou celles de collègues, d’amis, qu’aujourd’hui encore des travailleurs manuels sans qualification se retrouvent à accepter des emplois aux conditions variables selon les entreprises. Et ce, dans toute l’Europe. Disparités de salaires, d’horaires, de stabilité, et aussi de protection sociale ou non.

Rythmes au travail et vie communautaire

Dans de nombreuses fraternités aujourd’hui, les petites sœurs sont majoritairement à la retraite. Cette situation influe de manières diverses, selon le contexte local, sur la vie communautaire.

« Dans ma fraternité je suis la seule à avoir un emploi à l’extérieur, notre organisation de vie communautaire en est facilitée . »

« Mes conditions travail sont irrégulières : c’est parfois difficile pour mes sœurs plus âgées qui ont besoin d’un rythme plus stable.« 

« Parfois je sens en moi une tension entre ma vie de travail et celle du quartier, mon désir et mes forces… Entrer dans la complémentarité avec celles qui restent à la maison est une aide. »

« J’aime mon travail et j’aime aussi ce lieu, mais, à cause des conditions d’emploi j’ai peur que de perdre ma bonne humeur et la joie de travailler en équipe. »

Vie de travail et de quartier
Jongler avec les horaires…

Lorsque l’on est plusieurs au travail à l’extérieur?

« Cela demande de jongler avec les horaires des unes et des autres. Notre solidarité avec les familles, en poussant notre engagement à l’extrême nous permet de discerner que notre vie fraternelle entre nous demande aussi d’être soignée. »

Équilibre spirituel

Ce qui ressort aussi dans le compte rendu de cette réunion c’est l’importance de nourrir notre vie spirituelle. La lecture de l’Évangile, les partages autour des textes fondateurs de la Fraternité, la prière des psaumes, tout cela vécu en communauté contribue à nourrir notre foi, notre chemin spirituel.

Il est aussi de notre responsabilité de la nourrir personnellement, dans l’oraison silencieuse, les temps de retrait en solitude.

Temps de prière, partages évangile…

« Le stress du travail, la hâte qu’on a souvent, peut me faire oublier pourquoi je suis là.« 

« Prendre le temps de rester dans la nature, me fait du bien…« 

« L’expérience de m’abandonner après la lutte m’ouvre à une étape qui s’installe doucement.« 

« Un certain idéal cède le pas à la réalité, une autre solidarité se fait jour dans la simple présence d’un corps usé gardant un cœur qui aime.« 

A Nazareth Jésus apprend de Joseph

Pourquoi ?

L’une des petites sœurs résume brièvement :

« Vivre au milieu de tout ce monde, des petits et des grands et être sœur, petite, de Jésus à sa suite comme
Lui à Bethléem et Nazareth… »

Vénérable

Le 6 novembre 1989 Petite Sœur Magdeleine voyait son attente enfin exaucée.

Quelle attente !

Déjà en 1966 elle écrivait :

« Tous ceux qui sont au ciel m’appellent.
Pourquoi Seigneur me fais-tu attendre si longtemps
cette rencontre si ardemment désirée?

Je veux tout ce que tu veux. Partir ce soir, demain…
Vivre encore autant que tu le voudras même si,
intérieurement, tout mon être aspire à toi.
Personne ne sait,
personne ne voit tout le secret de cette union avec Toi.

Mon Jésus tant aimé, j’ai dû rester si longtemps sans
venir me reposer à tes pieds. Mais j’étais avec toi
quand même et tu étais avec moi…
Personne ne peut savoir l’intensité de cette attente. »

Un exemple proposé…

Le samedi 13 octobre, le Pape François, au cours de l’audience, a autorisé la Congrégation pour les Causes de Saints à promulguer le Décret concernant:

  • La Servante de Dieu, Magdeleine de Jésus, Fondatrice de la Fraternité des Petites Sœurs de Jésus, comme « Vénérable ».

Lorsqu’une personne est déclarée « Vénérable » par l’Église Catholique, c’est uniquement la vie de cette personne qui est proposée aux croyants afin d’être prise comme exemple, sans qu’aucun culte ne lui soit rendu.

Sous son regard

Après le récit de Cathy et Isabelle dans la page précédente : « Cheminer ensemble »

A son tour Thierry Magnin, prêtre présent dans le groupe,
partage sa relecture de cette session dans le Vercors

Sous Son regard

Nous étions invités à marcher
« sous le regard d’Amour de Jésus ».

Ce regard qui appela Zachée à « descendre de son arbre et à accueillir Jésus dans sa maison »…
… nous appelant à faire de même.

Celui qui se posa sur le jeune homme riche.
Celui qui releva Pierre après son reniement.
Celui qui donna Vie au fils de la veuve de Naïm,
Celui qui nous a appelé par notre vrai nom pendant cette session.

« Entre nous »

Ce qui m’a particulièrement frappé, c’est ce qui s’est passé « entre nous ».
Recevant chaque jour un passage d’Évangile et le regard de Jésus correspondant, nous avons marché sous ce regard, partagé sur cet Évangile, donné aux autres et reçu d’eux une étincelle d’Évangile dans nos vies personnelles. Jésus ne dit-il pas :

« Quand deux ou trois sont réunis en mon nom… Je suis là »

Marie nous tend Jésus,

Nous avons vécu quelque chose de ce que montre si bien les images et sculptures de Marie donnant Jésus en tendant ses bras, images si fortes pour les Petites Sœurs de Jésus, et pour nous pendant cette session.

Marie nous tend Jésus…
chacun a tendu quelque chose de Jésus aux membres du groupe de partage, en risquant son témoignage, en « l’abandonnant aux autres » en quelque sorte.

Chacun a essayé d’accueillir ce « Jésus tendu par les autres ».

Cela « sous son regard », particulièrement fort pendant nos temps de prière du matin, d’Eucharistie du soir, de relecture de la journée avant d’aller dormir.

J’aime « faire communauté d’Église » ainsi, devenir un peu plus « Évangile vivant » comme le dit Charles de Foucauld, dans une fraternité dont la vie de petite sœur Magdeleine témoigne si fortement.

De beaux cadeaux partagés pendant cette semaine !

Cheminer ensemble

« Gresse en Vercors nous a accueillis en cet été 2021, et plus particulièrement Frère Michel, habitant de ce lieu magnifique. »

C’est par ces mots que Cathy et Isabelle nous donnent un aperçu de ce qui s’est vécu durant la session « Marche et Parole » d’août dernier.

Flashs de ressentis

A l’unanimité, les vingt cinq randonneurs que nous étions, avons apprécié de cheminer dans le partage et la confiance autour d’expériences vécues, de réflexions personnelles, en lien avec ce que les textes donnés chaque jour réveillaient en nous.

Nous avons goûté aussi aux joies de la cuisine à préparer à tour de rôle, et par les produits régionaux apportés en toute simplicité et générosité des quatre coins de France, d’Allemagne, d’Espagne dont nous provenions les uns et les autres.

Avancer ensemble

Jour après jour, au fil de nos pas, de nos vies, nous avancions ensemble dans le silence, la méditation, la contemplation, en alternance avec des moments d’échanges pour laisser résonner en nous les paroles de Jésus.

-Nous sommes partis sur les sentiers sans trop savoir ce que nous allions trouver derrière les épais nuages qui nous enveloppaient, mais devinant déjà, de ci de là, au détour d’une éclaircie, la splendeur du Mont Aiguille et du Grand Veymont, comme autant d’appels à élever nos regards et nos cœurs.

Quel regard !

Comme Zachée, le jeune homme riche, Pierre, la veuve de Naïm… nous avons cheminé sous le regard de Jésus, un regard qui invite à la confiance, au possible de Dieu, au pardon…

Ainsi soutenus par le regard d’amour de Jésus, nous apprenons à porter, sur nos vies et sur nos frères, un regard d’espérance; et la joie illumine nos coeurs.

Et François de conclure ~ ~ ~

~ ~ ~ ~ ~

« Tout commence par le regard, puis vient la parole bienveillante envers qui que ce soit, car Jésus est en chacun de nous afin que nous transmettions Son Amour, sa tendresse, les uns envers les autres. »

Page suivante : Autre contribution et lien avec un geste fondateur pour la Fraternité. « Sous son regard »

Rue et confinement

Lorsque la Fraternité s’est ouverte au monde en 1946, l’attention
de Petite sœur Magdeleine s’est portée vers les lieux d’exclusion.

Parmi les fraternités fondées à cette période, il y aura celles auprès
des personnes de la rue et de la prostitution.

« La dignihumaine est une valeur évangélique qui ne
peut être méprisée sans offenser gravement le Créateur. »

Jean Paul II Puebla 1979

De l’une de ces fraternités du monde nous arrive un questionnement
difficile en même temps que la réponse d’un engagement fraternel :

Confinement ou ouvrir notre porte?

Au début de la pandémie de la COVID 19, nous étions soucieuses à propos du confinement : allions-nous fermer notre porte? Rester chez nous alors que dehors nos amies se trouvaient un peu plus exclues?

Nous en avons discuté entre nous et, consciemment, avons choisi de garder la porte ouverte avec, bien sur, toutes les précautions requises.

Une amie venait presque chaque jour, une autre assez souvent aussi.

Dépasser les craintes

Une de ces amies, Sonia, n’arrivait plus à gérer l’encombrement de son logement, lorsqu’elle
nous a permis de l’aider, le courage lui est revenu.

Mais nous avions besoin d’une voiture, une de nos connaissance, accueillie dans la confiance par Sonia,
a pu dépasser sa peur du corona virus et nous prêter main forte.

Petit à petit, ensemble, nous avons rendu la maison accueillante.

Voisinage inquiet

Un jour nous sommes arrivées chez Sonia en même temps que la police appelée par un voisin inquiet.

Quand les policiers nous ont vues, nous, trois femmes d’un certain âge aidant une plus jeune à vider son logement, leur attitude s’est teintée de bienveillance,
une simple conversation s’est engagée avec eux, ils ont aussi réalisé que notre tâche prenait fin.

Petites attentions…

Cette entraide pour un mieux vivre, a renforcé les liens d’amitié et de confiance avec Sonia.
Confiance fortifiée également avec toutes celles qui restent sans « travail » à cause du confinement.
Avec elles nous avons cherché un soutien alimentaire et bien souvent partagé notre repas.

Amitié et délicatesse

« Une insertion qui se veut d’amitié, de délicatesse, non pour juger et moraliser mais pour être de tendresse miséricordieuse du Sauveur auprès de ceux qui sont plus souvent victimes que coupables, victimes des salaires de misère, du chômage et surtout du mépris. »

Règle de vie des petites sœurs