Intuition fondatrice

Les germes d’une vie contemplative.

A la fin de l’année 1936, la Fraternité des Petites Sœurs n’existe pas encore,
Magdeleine Hutin – qui deviendra Petite Sœur Magdeleine de Jésus -, sa
maman et une compagne arrivent à Boghari, à 150 km d’Alger. Elles
s’installent dans un quartier complètement arabe.


Carte de l’Algérie nord

Quelques jours après notre arrivée, sans qu’on l’ai cherché,
des petites et des grandes filles viennent nous demander de leur apprendre à coudre et des malades nous supplient de les soigner. »

Toutes les trois vont se dévouer de jour et de nuit au service des plus vulnérables, les accueillant chez elles ou en allant à leur rencontre dans les campements alentours.

La vie est rude, pauvre, cependant la confiance mutuelle, les amitiés qui se tissent, remplissent de joie le cœur de Magdeleine.


Questionnement :

Après deux ans de cette vie intense Magdeleine s’interroge:

« Pendant un temps, surtout quand on a été bridé par les circonstances, on peut se laisser griser par la fièvre d’une activité toujours croissante, par la joie de se donner à toutes les misères, mais on s’aperçoit vite que dans un tel débordement d’activité quelque chose d’essentiel manque :
le temps de se recueillir et de prier ».

Se laisser griser par une activité débordante

Ce manque est un rappel du désir qui habite Magdeleine depuis si longtemps :

*
* *

« Or, le bon Dieu m’avait donné une vocation,
sinon de cloîtrée, du moins de contemplative,
mêlée au monde, pour y rendre présent le
Seigneur comme la Vierge de la Visitation et
pour y porter, au-delà des secours matériels,
la certitude de son Amour. »

« Le Seigneur attendait cette heure… »


Magdeleine se laisse guider

Un pèlerinage est annoncé pour le 19 mars à El Goléa pour la bénédiction de la nouvelle église construite près du tombeau du Père de Foucauld.

Elles s’y rendent:
« Dans le désir intense d’un pèlerinage de prière et de pénitence pour supplier le Seigneur de nous aider à connaître sa volonté. »

Une réponse rapide

A leur retour d’El Goléa, l’abbé Declercq, curé de la paroisse, leur annonce qu’une congrégation religieuse était prête à prendre le relai de leur activité à Boghari et cela sans tarder.

« Nous trouvons un peu rapide la réponse à notre prière… »

« Dieu me prenait par la main… »

Quitter ces activités débordantes où Magdeleine sentait bien que là n’était pas sa vocation est un soulagement à quoi se mêle la tristesse de laisser ses amis devenus si chers.

« Pourquoi avons-nous tant de peine alors que nous sommes sûres de ne pas être à notre place à Boghari? Inconséquence du cœur humain qui s’attache…

Une nouvelle fois, Dieu me prenait par la main et, aveuglément, je suivais. »

Magdeleine exprime alors à Monseigneur Nouet, Préfet apostolique, son désir irrésistible d’aller s’enfermer quelques mois dans un noviciat religieux pour se recueillir dans le silence, et réparer ses forces spirituelles après la suractivité de Boghari.

Ainsi, au fil des étapes, de leur discernement, l’intuition fondatrice
de la Fraternité continuera de se préciser.

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