Réjouissez-vous avec moi

Comme il est bon de partager les bonnes nouvelles !

On ne peut oublier les conflits, les guerres, les séismes…
qui ravagent notre planète et, au plus près de nous, les
épreuves de famille, de voisinage, de travail…

A plus forte raison accueillons les bonnes nouvelles qui nous dynamisent,
embellissent notre monde, nous donnent de l’espérance.

 

 

Applaudissements

Des applaudissements éclatent dans notre petit groupe,
Véronique vient de nous annoncer l’obtention de ses papiers
pour séjourner dix ans en France.

 

 

 

 

Un long chemin

Atelier dessin avec des migrants

Par Véronique, notre sœur, nous éprouvons le parcours sévère et incertain d’une demande de régularisation à rester sur le territoire français.

 

Attentes, reports, insuffisance de documents, raisons diverses, examens, vérification de la langue, lieux administratifs changeants, parfois même humiliations. Tout semble concourir à décourager celle ou celui qui cherche à séjourner en France pour un temps plus ou moins long.

 

Pour continuer la route et ne pas désespérer Véronique bénéficiait
du soutien de la fraternité, qu’en est-il de ceux qui traversent ces
épreuves tout seuls?

 

Ne pas les oublier

« Une attente interminable »

« Il y a eu tant de jours d’angoisse » -nous dit Véronique-
« à cause d’une attente interminable et sans savoir ce qui arriverait au final.

Et puis la joie de recevoir « les papiers »

Ma satisfaction ne me fait pas oublier ceux qui n’ont aucun soutien, qui attendent encore.

Durant ces démarches j’ai rencontré des personnes originaires de tant de pays différents. Nous ne nous sommes pas seulement côtoyés, des dialogues se sont engagés, des partages de la vie familiale, la détresse, la peur de l’avenir… et l’espoir ! Tous ceux-là restent dans mon cœur et ma prière.

Notre spiritualité de proximité, au plus près du monde, est venue me rejoindre là pour partager la situation de mes frères et sœurs étrangers. »

 

Un défi pour la Fraternité

Retrouvailles lors d’une rencontre internationale

Notre congrégation, internationale depuis ses origines, veut favoriser la rencontre des peuples.

Petite Sœur Magdeleine, marquée par l’anéantissement de sa famille pendant la Première Guerre Mondiale, a voulu donner à cette congrégation nouvelle qu’elle fondait, un visage d’unité.
Unité entre nous, unité dans l’ouverture à d’autres cultures en nous mélangeant autant que possible dans nos fraternités.

Aujourd’hui, à cause des complications politiques entre les Etats, c’est un vrai défi de persévérer dans cette ligne.
Si les cultures différentes nous bousculent, nous désinstallent,
elles sont aussi source d’ouverture, cela vaut la peine de braver
les tracasseries administratives pour goûter cet enrichissement.

 

« Un coup de foudre »

« J’avais 20 ans quand… »

 

« Un coup de foudre cela ne s’explique pas, ça se vit» !

Et celui que Marie Jacqueline a vécu marquera toute sa vie.
Pour l’anniversaire de son premier engagement en fraternité, il y a 70 ans,
notre petite sœur, actuellement à Aix en Provence, relit avec nous son chemin.

 

 

 

 

« J’allais avoir 20 ans »

Ma vocation de petite sœur a commencé par un coup de foudre pour le Seigneur.
J’allais avoir 20 ans.
Un coup de foudre cela ne s’explique pas, ça se vit.
Par ce coup de foudre j’ai compris que Dieu seul serait le premier dans ma vie.

 

 

 

Charles de Foucauld

Où ? Comment ?

Où ?
La réponse, très vite, m’a semblé être dans la vie religieuse ; mais dans quelle congrégation ?

Après bien des recherches j’ai trouvé l’adresse des petites sœurs de Jésus dans la ligne et la spiritualité du père de Foucauld à Tamanrasset.
A 12 ans j’avais été marquée par le film : l’Appel du silence sur la vie de Charles de Foucauld et en particulier  sa vie avec les nomades touareg.

 

 

 

 

Novice

Je suis entrée à la Fraternité des petites sœurs en septembre 1944 à Lyon,
c’est là qu’elles étaient réfugiées à cause de la guerre.

Au noviciat, quand elle était présente, petite sœur Magdeleine nous réunissait chaque matin,
pour nous expliquer cette vie à la suite de Jésus.

 

 

Première tente

Sous la tente

En  1950 se dressait la première tente à El Abiodh Sidi Cheikh, un village dans le sud oranais où transitait une tribu de grands nomades ayant beaucoup souffert de la famine en 1945.

C’est là que résidaient les petits frères de Jésus.
C’est là que je pensais vivre jusqu’à mon dernier jour.

Très vite j’ai compris que mon désir de rester à El Abiodh n’était pas le même que celui du Seigneur.

 

 

 

Les chemins de Dieu

D’autres fraternités naissaient…

Des fraternités naissaient parmi les nomades : gitans, gens du cirque, forains…

D’autres tentes aussi voyaient le jour : au Maroc chez les Berbères, à Tamanrasset chez les Touaregs du Hoggar où avait vécu Frère Charles ; au Niger, en Jordanie, en Syrie…

Tentes dans lesquelles j’ai eu le bonheur de découvrir d’autres peuples, d’élargir mon cœur et ma prière pour tant d’amitié vécue.

La dernière tente fut celle de Nguigmi au Niger chez les Toubous.

 

 

 

Merci Seigneur

Leurs visages dans mon cœur

Maintenant je ne puis que dire merci au Seigneur pour ce rêve d’une vie avec les nomades. Rêve réalisé et même plus beau que je n’imaginais à cause des rencontres, de l’amitié avec tant de personnes.

 

Aujourd’hui la route continue

Aujourd’hui, à 93 ans, c’est à la maison de retraite que je continue ma route comme les autres résidents; même âge et mêmes handicaps, dans un temps qui nous prépare tous à la Rencontre désirée et attendue avec le Seigneur.

Dieu dans le nuage ?

C’est à la fraternité de Kammanahalli, dans le sud de l’Inde que vit Petite sœur Marie Armelle. C’est elle qui pose la question  : « Et si Dieu était dans le nuage » ?
Que veut-elle dire ?

« Voyager dans un nuage »

Nuages dans le ciel

Nous croyons que Dieu est lumière, donneur de vie et d’amour,
comment donc cette lumière pourrait elle venir d’un nuage?
En ce moment je voyage dans ce nuage.

Depuis mon enfance et tout au long de ma vie, j’ai eu une mauvaise vue et j’ai toujours senti que, d’une certaine manière, Dieu en faisait pour moi un « don ».

A ce nuage j’ai dit ma colère

Quand je suis entrée progressivement dans l’obscurité de ce nuage
– c’était il y a environ sept ans –
j’ai ressenti de la colère et j’ai parlé à ce nuage comme si c’était une personne :

« Tu ne me permets pas de lire ou d’écrire, de voir une fleur ou un arbre, de regarder le visage des gens et leurs yeux, leur sourire ou leurs expressions, je ne peux plus aller seule là où je veux, ni faire par moi-même ce que j’ai envie de faire… une si longue liste ! »

 Le nuage est venu me dire…

Dans le brouillard, la lumière

Et puis, le calme est revenu lors d’une retraite à l’Ashram de Samiksha.
J’étais assise à la chapelle, lorsque j’ai pris conscience de la réalité de ce nuage et de ce qu’il voulait me dire. C’était comme si Dieu était dans le nuage et qu’il me disait :

« Tu oublies que je t’ai donné un autre regard : ma lumière en toi ».

Cela m’a suffi pour éclairer ce nuage dans lequel je voyage et accepter de cheminer avec, il n’est plus un obstacle pour voir, il m’enseigne une autre manière de voir.

Un lent processus de compréhension

Durant ces dernières années, j’ai expérimenté que ce qui meurt dans notre corps,
peut donner vie à autre chose, selon ce que Dieu veut.
C’est un mystère qui ne va pas sans combat!

S’appuyer les uns sur les autres

Je grogne encore de devoir marcher très lentement,
de me cogner dans une porte,
de ne pas comprendre ce qui se passe autour de moi…
Mais je découvre aussi, doucement, que j’ai d’autres moyens…

Cette situation et compréhension intérieure me rendent proche et en communion avec le cosmos et toute l’humanité où la plupart des gens passent par ce genre d’expérience.

Rejamma, un vieil ami que nous connaissons depuis 50 ans, souffrant de la lèpre, devenu tout d’un coup aveugle m’a dit avec force :
« mais j’ai une lumière en moi ».

Oui, Dieu se donne à chacun sans distinction.

Juste pour maintenant

Nous recevons la bénédiction de Dieu à chaque instant de notre vie, juste la bénédiction qu’il nous faut à ce moment-là. Est-ce que cela ne signifie pas que nous sommes et devenons aussi une bénédiction les uns pour les autres, pour nos communautés, et plus largement?

« Au centre de notre être, il y a un point de pure vérité, un point d’étincelle qui appartient entièrement à Dieu… Ce petit point… est la pure gloire de Dieu en nous… c’est comme un diamant très pur, scintillant de la lumière invisible du Paradis.
Il est en chacun de nous. »

D’une lettre de Thomas Merton à Massignon

Côté femmes à Calais

Combien sont-elles dans ce groupe humain composé d’environ quatre-vingt-dix pour cent d’hommes?

Certaines sont hébergées au centre d’accueil en bordure du bidonville,
d’autres vivent en famille ou seules avec leurs enfants sur le terrain.

Joanna et Monika, petites sœurs en France, viennent de vivre,
grâce au Secours Catholique présent à Calais, des moments intenses
de partage avec ces femmes enfouies dans le quotidien d’un bidonville.


Aller vers elles

Avec Mariam, du Secours Catholique, nous partons un matin au-devant des femmes du bidonville pour les inviter à une journée hebdomadaire qui leur est réservée à elles et à leurs enfants.

La bretelle de sortie d’autoroute donnant accès au bidonville est fermée, nous n’avons d’autre solution qu’un détour par le port. Route impressionnante, car encadrée de clôtures immenses dans leur longueur et leur hauteur. A leur sommet des pièces coupantes dissuadent  quiconque tenterait  l’escalade.

 

 


Humaines dans la précarité

De tentes en abris de fortune nous rencontrons une à une les habitantes de ce bidonville.
Il pleut sans cesse il reste peu de place au sec.

Elles n’ont pas grand-chose à disposition et pourtant le thé, le café, un morceau de pain…
nous sont offerts à chaque fois.

La veille il y a eu des bagarres, ce qui n’a rien d’étonnant vu la promiscuité, la fatigue,
les espoirs déçus… et les tensions politiques vécues dans les pays d’origine.
Les femmes nous disent leur peur. Peur pour leurs enfants, pour elles-mêmes.


Un peu de répit

Cette journée réservée aux femmes se veut un répit dans la tension ambiante.
Au local du Secours Catholique nous préparons ensemble le repas. Puis nous nous installons, à quelques-unes, sur un tapis déroulé à terre, pour prendre le thé et discuter.

Ce jour-là nous sommes nombreuses, heureusement des bénévoles sont venues en renfort. Le local ressemble à une ruche qui bourdonne d’activité dans le calme :

– peintures, gommettes, jeux… pour les petits,
– Tableaux à gratter… pour les ados,
– Tricot, crêpes… pour les mamans


 

 

Debouts dans le moment présent

Sonia participe aux activités tout en surveillant sa fille de huit ans, une petite fille déjà grande et sérieuse pleine d’écoute et de sagesse.
Malika dit son angoisse, sa souffrance d’avoir vu son mari assassiné au pays. Un mari qui était bon et qu’elle aimait.

Tout en gardant une constante inquiétude au fond d’elles-mêmes, elles goûtent un peu de détente à écouter de la musique, à danser, à retrouver un peu de plaisir par le maquillage mis à disposition.

 


 

Avec celles qui ne peuvent venir

Nous allons manger dans une famille syrienne, Mariam avait apporté le matin de quoi faire la cuisine. Cette fois nous sommes chez elles, côté femmes de la famille, nous discutons avec leur trésor : une jeune fille de 14 ans.

Puis nous continuons et rencontrons une famille dans une petite caravane. La maman prépare le thé, du pain, des noix… Nous sommes au Proche Orient, cette hospitalité sacrée nous touche toujours. Ils n’ont rien et ils partagent le peu qu’ils ont.


 

Réciprocité

Fatigue, lassitude, peur… se lisent sur le visage de ces femmes et pourtant quand nous parlons avec elles nous voyons bien qu’elles ne s’appesantissent pas sur leur sort.

Si nous souhaitons, par notre démarche, leur apporter un peu d’amitié et de réconfort, nous constatons que nous sommes en présence de femmes dignes et fortes dans ce qu’elles assument aujourd’hui.

La rencontre est riche de réciprocité et cela nous émerveille.

 

« Quel cadeau pour nous ! »

« Quel cadeau pour nous de passer toute cette semaine de pèlerinage aux Saintes Maries de la mer. »

Toutes les deux, petites sœurs en caravane, partagent la vie des gens du voyage en Italie.
Clémence vient de Belgique, Rania du Liban.


 

 

Vie de terrain

Nous y retrouvons avec joie la vie sur le terrain,
les visites dans les caravanes, les repas en famille
avec les uns et les autres…

Nous y découvrons aussi une aumônerie vivante,
composée de « gagé » (*) et de gens du voyages
venant de toutes les régions de la France.


Temps de Célébration…

Quotidiennement nous nous retrouvons sous l’auvent d’une caravane pour célébrer l’eucharistie.
Nous pouvons être une trentaine : sinti italiens, yennich suisses francophones et allemands,
manouches français et « gagé » de ces différents pays… et nous deux de Belgique et du Liban.


… partager sa foi

Ces messes célébrées plein vent, au milieu des caravanes, nous ont touchées le cœur,
tout comme les partages, les témoignages et les prières de nos frères et sœurs « gitans ».

Un petit groupe de jeunes nous a aussi émues par leur simplicité,
leur engagement et leur enthousiasme à proclamer leur foi.

Si la messe est célébrée en très petit comité, les veillées du soir, elles,
réunissent tout le monde dans l’Église pour des moments de prière
d’une grande profondeur.


Un jour dédié à Sainte Sara : le 24 mai

Dès le matin, malgré une Église extra pleine, les gens du voyage continuent à entrer, ils viennent se serrer dans le chœur, au pied de l’autel et partout où il reste une petite place.

Les chants résonnent au son des guitares :
Vive les Saintes Maries,
Vive Sainte Sara !!!


Un Peuple en Église

Un Peuple qui prend place en Église pour animer les célébrations, accueillir lui même les reliques des Saintes Maries, et porter Sainte Sara.

L’après-midi, nous l’accompagnons à la mer. Elle est  parée de tant de manteaux qui sont autant de prières des voyageurs et, portées par ceux-ci.


Sur la route du retour…

Nous reprenons la route de l’Italie et nous arrêtons à Briançon.
Sur le terrain des gens du voyage, nous sommes accueillies à
bras-ouverts par Stella avec qui nous passons une merveilleuse soirée.
Elle a connu les petites sœurs quand elle était enfant…
Nous nous sentons tout de suite en famille.


Quitter et retrouver

Le lendemain le départ fut difficile, mais « notre cœur était tout brûlant en quittant cette « auberge » » pour reprendre la route vers d’autres amis…

Le soir, nous retrouvons des Sinti italiens rencontrés aux Saintes Maries et qui avaient insisté pour que nous venions les voir en allant à Turin. La joie de nous revoir est réciproque.

 


Amitié et fidélité

Nous avons été touchées de constater que tant de cœurs nous ont été ouverts grâce à l’amitié et la fidélité des différentes petites sœurs qui ont vécu parmi les gens du voyage en France, dans le Nord et en Italie…


* « Gagé » : non voyageur
* Pia et Thérèse : deux petites qui vivent en caravane et partagent le quotidien des gens du voyage depuis de nombreuses années