Accomplir un projet

Lorsque les petites sœurs sont arrivées aux Philippines il y a 40 ans c’était,
à l’invitation de l’évêque  Benny Tudtud, pour  fonder une fraternité à Marawi
au sud de l’ile de Mindanao.
Mais sur la route, et pour diverses raisons,  elles se sont arrêtées dans la périphérie de Manille.

 

Envoyées par la communauté

 

Depuis quelques mois le projet initial s’est remis en route et Cécilia, Lilette, Séraphina sont arrivées à Masbate pour y commencer une fraternité en monde rural.

Que disent-elles de ces premiers pas?

 

 

 

 

Maison provisoire

S’installer :

Notre maison ne comporte actuellement qu’une seule pièce,
c’est là notre espace de vie communautaire.
Des travaux sont en cours pour aménager l’habitation dont
une chapelle ouverte à tous ceux qui voudront  venir.

Un jour de grand vent et de pluie,
seules quelques fuites d’eau ont traversé le toit en feuilles de palme,
cela nous a rassurées sur la solidité de la charpente.

 

 

A la pompe

Tâches familiales

Pour le moment nous allons chercher l’eau à la pompe en bas d’une côte.
D’ordinaire ce sont les enfants qui s’acquittent de cette tâche familiale.

Ces allées et venues nous donnent l’occasion de rencontrer les voisins,
de nous connaître, nous familiariser.

Dans les travaux d’aménagement, un forage est prévu afin d’avoir l’eau à
proximité et entretenir le jardin.

 

 

A contre courant

Ce choix de rejoindre le monde rural va à contre-courant des mouvements habituels,
les gens vont plutôt grossir les agglomérations déjà importantes.

S’effectue alors des déplacements réguliers de populations entre villes et villages,
et il en est de même pour nous par les visites de nos sœurs.

 

Le soir depuis la colline

Pourquoi tant de persévérance?

Partage
Nous avons choisi ce monde rural afin de partager la vie des paysans en précarité. Ils ne possèdent pas la terre qu’ils cultivent.

Simplicité
Ces familles n’ont pas grand-chose, l’essentiel pour le quotidien, cela permet de nous inscrire dans cette simplicité et sobriété de vie.

Prière
Notre maison pas trop proche des voisins, l’espace du jardin mis en culture… donnent un climat de silence, et allient travail manuel et prière. Ces aspects importants pour notre vie de fraternité, sont ouverts à ceux qui souhaitent les partager.

Ce chemin de vie veut aussi témoigner
de la richesse d’un quotidien ordinaire
de tant de gens, comme Jésus à Nazareth.

Viens t’asseoir avec nous

Une invitation :

« Viens t’asseoir avec nous »
Ces mots simples, accueillants donnent le ton de la rencontre qui va suivre.

Texte de Monika  Fraternité de Masny

 

C’était une fin d’après-midi et je rentrais à la maison.
Alors que je traversais la grande place de notre quartier,
j’aperçois un peu plus loin, Sonia, 9 ans,
assise sur un banc à discuter avec une copine.
Vélo et skate à terre devant elles.

 

De loin je les salue et nous entamons une petite conversation.
Comme je m’apprêtais à poursuivre ma route, Sonia m’interpelle :

 

« Viens t’asseoir avec nous »
et déjà elles poussent vélo et skate,
font de la place sur le banc.

 

 

Mon cœur pétille de joie à cette invitation,
je vais m’asseoir avec elles sur le banc
et nous poursuivons la conversation 10, 15 minutes.

La réserve intérieure que j’éprouvais à ne pas les interrompre
dans leur discussion de petites filles s’est envolée puisque ce
c’était elles qui m’invitaient à l’ouverture.

J’ai goûté là une rencontre de spontanéité faite de confiance réciproque.
Cadeau d’une amitié tissée avec tous dans l’ordinaire des jours.

Merci les enfants.

 

« Jésus dit à ses disciples :
« Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas,
car le royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux.
En vérité je vous le déclare, qui n’accueille pas
le royaume
de Dieu comme un enfant n’y entrera pas. « 
Évangile de Marc 10, 14-15

 

Dehors

Après deux semaines à Calais Monique et Monika, petites sœurs en région parisienne et dans le Nord,
reviennent  sur ce qu’elles ont vu, entendu dans cette ville auprès des migrants et des membres associatifs.

Ces « migrants » côtoyés à chaque instant nous sont devenus familiers, unique chacun par son prénom, son histoire…

 

Dehors pour libérer la parole

C’est le matin, il fait beau, nous sommes une quarantaine de personnes assises dans l’herbe d’un parc verdoyant
au milieu des boutons d’or et des fleurs de pissenlits. La discussion va bon train.
Quelle situation idyllique pour un temps de pause dans l’agitation de nos vies.

 

Après un jet de gaz sans raison

Dehors, pourchassés

Mais ceux qui sont là, de différentes nationalités, forment un peuple en errance, à la recherche d’une terre d’accueil, de ce qu’il pense un avenir meilleur.
Pour le moment, à part ce matin bucolique et les marques  d’accueil, de fraternité par des membres associatifs, ce peuple se cache, se protège comme il peut sous les arbres, sous les ponts, pourchassé sans ménagement par les forces de l’ordre, retrouvé par les diverses organisations humanitaires qui leur offrent un peu de repas, de thé chaud, d’amitié…

 

Un rampe de robinets

Dehors et humiliés

Dans plusieurs lieux de la ville, ponctuellement, des rampes d’eau de plus ou moins une dizaine de robinets sont installées. Robinets sans écoulement, à hauteur d’un enfants de 4 ans.

Quelques sanitaires dans la zone industrielle de la chimie. Loin d’être suffisants pour les 700 personnes environ qui transitent par Calais. Des douches prévues en juin sont toujours en attentes d’être disponibles.
Aux dernières nouvelles, ce jour 20 septembre, il semble que 14 douches soient installées?

 

 

Dehors, fermons les yeux

Cette situation humaine soulève tant de questions, de débats, de colère, d’incompréhension.
En tant que simple citoyen nous manquons d’éléments pour comprendre et agir sur les raisons qui poussent tant de gens à fuir leur pays.
Les questions politiques et économiques au niveau de l’État nous sont obscures, les intérêts des pays et tous les enjeux nous son inconnus.

 

Thé du matin

 

Dehors ou dedans ?

En attendant que toutes ces questions trouvent une solution acceptable et digne…
Allons nous laisser des personnes sans secours humain?
Allons-nous refuser de tendre la main à un enfant, une femme, un homme, fussent-ils d’un autre territoire de la planète?
Allons-nous fermer les yeux devant les humiliations continuelles qu’ils subissent?

 

 

 

 

En attendant que le linge sèche…

 

Non plus dehors
Même si je ne te connais pas, et ne sais d’où tu viens,
Je vois ce que l’errance et les souffrances de ton chemin inscrivent dans ta vie
Abel, Shushana, Alex, Samha, Ahmad… Vos prénoms, vos visages me sont devenus familiers, ils font parti de ma propre route.

 

 

 

Inlassablement des personnes, des familles, de Calais et d’ailleurs, s’engagent,
par le biais associatif, à soutenir ceux qui marchent sur les routes de l’exil.
Ils sont un baume bienfaisant sur les blessures de notre humanité.

Émoi dans le quartier

« Autour de Noël s’est répandue la rumeur d’une possible visite du Pape dans notre quartier, l’émoi en a saisi les habitants. »

Les petites sœurs de la fraternité de Milan partagent cet événement.

 

 

Merci d’être ici avec nous

Comment on va faire?

La joie des voisins ne se fait pas attendre :
« mais alors c’est vrai, il vient chez nous,
comment on va faire ? »

Joie mêlée de préoccupation à cause de l’état de dégradation du quartier.
Quelque voisins proposent de faire un nettoyage général, d’autres pensent de laisser en l’état pour que tout le monde voit la situation.

 

 

Effervescence

Les idées ne manquent pas, et l’enthousiasme de penser que nous existons pour quelqu’un nous pousse à le recevoir comme il se doit.

Un café, ou peut-être le maté ? Ou bien un plat typique de nos différents lieux.

 « Nous ferons de notre mieux pour qu’il se sente bien accueilli, comme à la maison, en famille », disent les voisins.

 

Le cadeau est offert

 

Un cadeau souvenir

Avec les habitants, nous avons participé à la confection d’un cadeau :

un grand cahier où écrire tous les désirs, les vœux, les prières, les dessins des enfants. Les feuilles colorées pleines de joie et d’affection sont déposées chez nous. Bonheur de savoir que quelque chose d’ici sera lu par François.

 

 

 

Des mains se tendent

« Une foule cherchait à le voir »

La veille, dans bien des maisons et chez nous aussi, des amis, de la parenté, des collègues… sont venus dormir.

Le soir, le cœur léger, nous prions comme tant d’autres autour pour que ce soit un jour de paix, de joie, de « fraternisation » et qu’il ne pleuve pas !

 

 

 

 

 

Regroupements en secteurs

Le grand jour

Le samedi 25 depuis 6 heures du matin les volontaires, parés de foulards blancs et jaunes, sont à leur poste. Petit à petit les espaces aménagés se remplissent d’une population joyeuse. Quelque chose d’unique est en train de se passer.

 

 

 

 

Paroles de reconnaissance

 « C’est vous qui m’accueillez à Milan, c’est un grand cadeau pour moi d’entrer dans cette ville en rencontrant vos visages, vos familles, une communauté. C’est à partir de vous que je me rends au «centre », merci pour votre accueil si chaleureux… »

Joie de la rencontre

 

Dans les cœurs des voisins, dans les nôtres, nait une certitude : c’est nous, la périphérie pleine de problèmes, de carences, qui accueillons cet homme de paix et de tendresse.

 

 

 

 

 

Un parfum de fête

Une petite heure qui a laissé un parfum de fête pour toute la journée. Et, tandis que les enfants jouent avec les nombreux foulards, nous prolongeons avec les voisins, sous les portiques, l’émotion de cette rencontre.

«Ses gestes concrets  pour les malades, sa simplicité nous ont touchés ».
« Il reconnait notre dignité, il nous regarde dans les yeux avec amour… « 
« Il parle d’un Dieu de Paix qui va au-delà de toutes les barrières. »

 

Pour voir les photos de la visite du Pape François aller sur le site de la paroisse de ce quartier de Milan

 

Dieu dans le nuage ?

C’est à la fraternité de Kammanahalli, dans le sud de l’Inde que vit Petite sœur Marie Armelle. C’est elle qui pose la question  : « Et si Dieu était dans le nuage » ?
Que veut-elle dire ?

 

« Voyager dans un nuage »

Nuages dans le ciel

 

Nous croyons que Dieu est lumière, donneur de vie et d’amour,
comment donc cette lumière pourrait elle venir d’un nuage?
En ce moment je voyage dans ce nuage.

Depuis mon enfance et tout au long de ma vie, j’ai eu une mauvaise vue et j’ai toujours senti que, d’une certaine manière, Dieu en faisait pour moi un « don ».

 

 

 

A ce nuage j’ai dit ma colère

Ne plus voir les visages…

 

Quand je suis entrée progressivement dans l’obscurité de ce nuage
– c’était il y a environ sept ans –
j’ai ressenti de la colère et j’ai parlé à ce nuage comme si c’était une personne :

« Tu ne me permets pas de lire ou d’écrire, de voir une fleur ou un arbre, de regarder le visage des gens et leurs yeux, leur sourire ou leurs expressions, je ne peux plus aller seule là où je veux, ni faire par moi-même ce que j’ai envie de faire… une si longue liste ! »

 

 

 Le nuage est venu me dire…

Dans le brouillard, la lumière

Et puis, le calme est revenu lors d’une retraite à l’Ashram de Samiksha.
J’étais assise à la chapelle, lorsque j’ai pris conscience de la réalité de ce nuage et de ce qu’il voulait me dire. C’était comme si Dieu était dans le nuage et qu’il me disait :

« Tu oublies que je t’ai donné un autre regard : ma lumière en toi ».

Cela m’a suffi pour éclairer ce nuage dans lequel je voyage et accepter de cheminer avec, il n’est plus un obstacle pour voir, il m’enseigne une autre manière de voir.

 

 

Un lent processus de compréhension

Durant ces dernières années, j’ai expérimenté que ce qui meurt dans notre corps,
peut donner vie à autre chose, selon ce que Dieu veut.
C’est un mystère qui ne va pas sans combat!

S’appuyer les uns sur les autres

Je grogne encore de devoir marcher très lentement,
de me cogner dans une porte,
de ne pas comprendre ce qui se passe autour de moi…
Mais je découvre aussi, doucement, que j’ai d’autres moyens…

Cette situation et compréhension intérieure me rendent proche et en communion avec le cosmos et toute l’humanité où la plupart des gens passent par ce genre d’expérience.

 

Rejamma, un vieil ami que nous connaissons depuis 50 ans, souffrant de la lèpre, devenu tout d’un coup aveugle m’a dit avec force :
« mais j’ai une lumière en moi ».

Oui, Dieu se donne à chacun sans distinction.

 

Juste pour maintenant

Nous recevons la bénédiction de Dieu à chaque instant de notre vie, juste la bénédiction qu’il nous faut à ce moment-là. Est-ce que cela ne signifie pas que nous sommes et devenons aussi une bénédiction les uns pour les autres, pour nos communautés, et plus largement?

« Au centre de notre être, il y a un point de pure vérité, un point d’étincelle qui appartient entièrement à Dieu… Ce petit point… est la pure gloire de Dieu en nous… c’est comme un diamant très pur, scintillant de la lumière invisible du Paradis.
Il est en chacun de nous. »

D’une lettre de Thomas Merton à Massignon

 

Un nouveau chemin

« Cela fait juste un an que nous avons fermé notre fraternité au Pakistan.
Avant de rentrer en Europe je suis allée saluer mes sœurs en Inde puis
me voici de retour. »

 

Ainsi commence la lettre de nouvelles de Cécile qui nous raconte ses premiers pas,
ses nouvelles racines en Belgique, son pays d’origine.

 

 

 

Reprendre pied

 

« A mon retour ici, j’ai été touchée par l’accueil des petites sœurs, leur aide en bien des domaines. Parfois, même si j’appréciais ce temps de calme, pour prier davantage, lire, me familiariser à ce nouveau contexte de vie… j’aspirais d’aller plus vite et retrouver les gens autour de moi.

 

 

 

 

Deux choses m’aident sur ce chemin :

  • Participer à un groupe « Bible et Vie » de la paroisse. Nous lisons l’évangile ensemble et chacun partage à partir de sa vie et de ses intentions. Un prêtre de 86 ans anime, avec à la fois attention et discrétion, ce groupe.
  • Rejoindre comme volontaire un centre de la Croix Rouge qui accueille des réfugiés demandeurs d’asile. Parmi eux, un grand nombre d’Afghans dont certains parlent Urdu langue usitée au Pakistan.

 

 

Nouveau quartier

 

Nouveau quartier, nouvelle insertion, nouvelle fraternité.
Nous démarrons cette fraternité à 12 km de Banneux, dans un beau village Aywaille. Autour ce sont des collines boisées et la rivière Amblève.

Nous logeons en appartement, dans un quartier où les commerces et les transports publics sont à proximité ce qui facilite notre quotidien.

 

 

 

Avec Ghislena et Anne Bénédicte, venant d’Algérie, c’est aussi tout nouveau puisque nous ne nous connaissions pas auparavant. Autant dire que nous repartons comme à neuf, même si les années derrière nous sont remplies de  tant de personnes, de liens d’amitié, de tant d’histoires partagées. »

 

 

Du nouveau germe… le voyez-vous ?

N’est-ce pas souvent en temps de crise que quelque chose de nouveau surgit ?
En quête de nouveaux chemins, des gens se retrouvent pour les discuter,
commenter, trouver des réponses et agir…
Un regard des petites sœurs d’Amsterdam à partir de la situation de leur quartier

Texte : Mauricia  ;
Mise en page Monique

 

Appel, accueil…

Depuis plus de quatre ans, nous vivons dans un quartier multiculturel d’Amsterdam.
Il n’y avait pas de communauté catholique en ce lieu et, interpellées par un appel d’Eglise, nous sommes y sommes allées.

C’est le pasteur protestant qui nous a accueillies.
Il a également ouvert les portes de son église au prêtre catholique chargé de la pastorale de ce quartier
et c’est chez eux que l’Eucharistie est célébrée chaque semaine.


Prendre conscience pour avancer

Face à la diminution de la fréquentation paroissiale, la fermeture d’églises,
au regroupement de paroisses, de communautés chrétiennes ou religieuses…
de nombreuses personnes s’interrogent, réfléchissent, discutent…
Allons-nous en rester à ce qui nous affecte, nous trouble ?

 


« L’hiver s’en est allé… » 

Ces derniers temps, l’Église protestante d’Amsterdam voit naître, dans plusieurs endroits de la ville, de nouvelles communautés de jeunes laïcs.

Rosalienne, jeune pasteure, a mission d’accompagner ces nouveaux groupes.  Elle nous invite à participer aux rencontres qu’elle va organiser entre membres des communautés anciennes et nouvelles.

 


Diversités des engagements

Des jeunes et moins jeunes vivent ensemble aussi à la communauté des « Catholic workers » de Dorothee Day. Avec eux et pendant un, deux, trois ans, font communauté des requérants d’asile.
Nous trouvons là des moments forts de fraternité et d’accueil mutuel.
Les enfants présents sont des rayons de soleil au milieu de beaucoup de préoccupations pour l’avenir.

 


 

Pas seulement en Église

Notre quartier est le fruit d’une vision de  société idéaliste :
créer un espace où les différences cohabitent.
Néerlandais et non-Néerlandais, riches et pauvres,
bien-portants et personnes avec un handicap physique ou psychique etc.

 

 

 


Plus large encore

Depuis quelques temps, la ville d’Amsterdam prévoit des lieux d’accueil où seront logés des réfugiés. La moitié pour des étudiants, l’autre moitié pour de jeunes Syriens.
Un de ces lieux est situé à 5 minutes de chez nous.
Des soirées d’information ont été organisées ce qui n’empêche pas la peur chez certaines personnes.

 


Oui, le « vivre ensemble » est un défi !

Que ce soit dans notre communauté, notre quartier, notre Église,
notre monde… le « vivre ensemble » et l’accueil  de l’altérité sont
de grands défis.
Comment construire une « humanité plurielle, non exclusive »  ?
Comment abattre les murs de la peur et oser miser sur la confiance ?


 

Le « vivre ensemble » ou le monde en création

Jamais nous n’avons eu autant de contacts avec des personnes n’appartenant à aucune Église
ou avec des personnes appartenant à différentes dénominations chrétiennes.
Cette immersion dans une société très sécularisée et diversifiée me stimule à chercher dans le
quotidien comment créer des liens avec des personnes ‘autres’.

 

 

 

Un nouveau « nous » à inventer

Je suis persuadée que chaque petit pas dans ce sens, là où nous sommes, dans les rencontres apportées par le quotidien, les tâches ordinaires et les célébrations… participe à la construction d’un monde chaque jour renouvelé.

« Ne pensez plus à ce qui est déjà arrivé, oubliez le passé.
En effet, je vais faire quelque chose de nouveau,
qui grandit déjà.
Est-ce que vous ne le voyez pas ? »

Livre de la Bible : Cantique des cantiques

 

Côté femmes à Calais

Combien sont-elles dans ce groupe humain composé d’environ quatre-vingt-dix pour cent d’hommes?

Certaines sont hébergées au centre d’accueil en bordure du bidonville,
d’autres vivent en famille ou seules avec leurs enfants sur le terrain.

Joanna et Monika, petites sœurs en France, viennent de vivre,
grâce au Secours Catholique présent à Calais, des moments intenses
de partage avec ces femmes enfouies dans le quotidien d’un bidonville.


Aller vers elles

Avec Mariam, du Secours Catholique, nous partons un matin au-devant des femmes du bidonville pour les inviter à une journée hebdomadaire qui leur est réservée à elles et à leurs enfants.

La bretelle de sortie d’autoroute donnant accès au bidonville est fermée, nous n’avons d’autre solution qu’un détour par le port. Route impressionnante, car encadrée de clôtures immenses dans leur longueur et leur hauteur. A leur sommet des pièces coupantes dissuadent  quiconque tenterait  l’escalade.

 

 


Humaines dans la précarité

De tentes en abris de fortune nous rencontrons une à une les habitantes de ce bidonville.
Il pleut sans cesse il reste peu de place au sec.

Elles n’ont pas grand-chose à disposition et pourtant le thé, le café, un morceau de pain…
nous sont offerts à chaque fois.

La veille il y a eu des bagarres, ce qui n’a rien d’étonnant vu la promiscuité, la fatigue,
les espoirs déçus… et les tensions politiques vécues dans les pays d’origine.
Les femmes nous disent leur peur. Peur pour leurs enfants, pour elles-mêmes.


Un peu de répit

Cette journée réservée aux femmes se veut un répit dans la tension ambiante.
Au local du Secours Catholique nous préparons ensemble le repas. Puis nous nous installons, à quelques-unes, sur un tapis déroulé à terre, pour prendre le thé et discuter.

Ce jour-là nous sommes nombreuses, heureusement des bénévoles sont venues en renfort. Le local ressemble à une ruche qui bourdonne d’activité dans le calme :

– peintures, gommettes, jeux… pour les petits,
– Tableaux à gratter… pour les ados,
– Tricot, crêpes… pour les mamans


 

 

Debouts dans le moment présent

Sonia participe aux activités tout en surveillant sa fille de huit ans, une petite fille déjà grande et sérieuse pleine d’écoute et de sagesse.
Malika dit son angoisse, sa souffrance d’avoir vu son mari assassiné au pays. Un mari qui était bon et qu’elle aimait.

Tout en gardant une constante inquiétude au fond d’elles-mêmes, elles goûtent un peu de détente à écouter de la musique, à danser, à retrouver un peu de plaisir par le maquillage mis à disposition.

 


 

Avec celles qui ne peuvent venir

Nous allons manger dans une famille syrienne, Mariam avait apporté le matin de quoi faire la cuisine. Cette fois nous sommes chez elles, côté femmes de la famille, nous discutons avec leur trésor : une jeune fille de 14 ans.

Puis nous continuons et rencontrons une famille dans une petite caravane. La maman prépare le thé, du pain, des noix… Nous sommes au Proche Orient, cette hospitalité sacrée nous touche toujours. Ils n’ont rien et ils partagent le peu qu’ils ont.


 

Réciprocité

Fatigue, lassitude, peur… se lisent sur le visage de ces femmes et pourtant quand nous parlons avec elles nous voyons bien qu’elles ne s’appesantissent pas sur leur sort.

Si nous souhaitons, par notre démarche, leur apporter un peu d’amitié et de réconfort, nous constatons que nous sommes en présence de femmes dignes et fortes dans ce qu’elles assument aujourd’hui.

La rencontre est riche de réciprocité et cela nous émerveille.

 

Pourquoi là-bas? Pour quel peuple?

Après plusieurs années passées en région parisienne,
Martine rejoint Malaga, une fraternité au sud de l’Espagne.

Pourquoi là-bas ? Qui a décidé ? Pour quel peuple ?…
Martine nous raconte ses premiers pas en Andalousie


Un souhait, un élan

Après de belles et nombreuses années à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, dans un quartier multiculturel, je vis maintenant à Málaga. C’est en Andalousie, dans le sud de l’Espagne.

 

 

 


Une continuité

Depuis longtemps je souhaitais un partage d’amitié avec des personnes concernées par la prison: détenus, ex-détenus, leurs familles, jeunes délinquants.

J’avais pu le vivre à La Courneuve, dans notre quartier, et comme visiteuse de prison.
Et je savais qu’à Málaga nous avions une fraternité plus particulièrement consacrée à ce milieu.

 


Un appel insistant

Jusqu’à cette année 2014 où l’appel de Dieu a résonné fort, d’une manière insistante…
J’en ai parlé à mes sœurs de communauté et à celles qui sont chargées de nous écouter, discerner avec nous et nous envoyer… et j’ai été tellement heureuse quand toutes ont dit “oui” pour m’envoyer à Málaga!

 


 

Autres manières d’être en relation

Tout est à découvrir, en particulier la manière de se relationner, surtout
avec les gitans, ici très nombreux.
On s’exprime beaucoup, on a des gestes très simples mais impensables en France, on n’a pas le même sens des limites horaires… tout est très intense… Le cœur a toute sa place!

 

 


Derrière les visages souriants

Il y a toutes sortes de fêtes: le climat est enchanteur et les gens chantent et dansent!
Avec eux, j’apprends à déposer mon stress parisien… et peu à peu je découvre derrière
bien des visages souriants et tranquilles, une autre forme de stress, celle de la grande
pauvreté, de la faim, de la solitude, de l’inquiétude pour l’avenir.


Tenir bon

Le chômage est ici massif, dans notre quartier la drogue, l’alcool ou la maladie font rage.

Et là… le miracle :
Tant d’associations qui aident, beaucoup sont d’Église mais pas toutes…
Tant de personnes qui, envers et contre tout, tiennent bon…
Tant de sursauts de vie, de générosité ou de foi chez les plus pauvres…

 


 

Liens de quartier hors du quartier

 

C’est à partir de ce contexte de quartier que notre fraternité vit son lien avec la prison qui concerne ici presque toutes les familles.
Cela, je le raconterai une autre fois… A bientôt!