Déclaration d’impôt

 

Aux prises avec sa déclaration d’impôt,
Andrée se tourne vers les petites sœurs
de sa fraternité de Toulouse.

 

 

Après de nombreuses années hors du pays il n’est pas facile,
pour Andrée et tant d’autres, de se mettre au courant des
diverses démarches administratives françaises.
Comment remplir ces formulaires, d’autant plus que la plupart,
aujourd’hui, sont informatisés?

 

 

 

Frustrations

  • La frustration s’installe quand à chaque démarche les sigles,
    identifiants, mots de passe… sont inévitables et que ce que
    l’on croyait « facile » devient un parcours semé d’embuches.

A quoi fait référence cette demande ? Que veut dire ce mot?
Si je ne suis pas de cette catégorie qu’est-ce que je réponds?…

  • Frustration de redevenir comme un enfant démuni devant son papier
    et acculé à demander de l’aide aux uns et aux autres, pour comprendre
    et essayer de remplir le formulaire.

 

 

Blocage

Cette démarche sur internet pour remplir la déclaration d’impôt a fini par se bloquer.
Une seule solution rejoindre le Centre des Finances Publique du secteur.
Andrée s’y rend avec Monique

Lorsque nous poussons la porte,
nous sommes impressionnées par la foule qui remplit le hall d’entrée.
A droite et à gauche, dans des espaces limités par un cordon,
des gens assis patientent en vue d’un entretien en bureau.

 

 

Devant nous, la file d’attente d’une trentaine de personnes
se dirige doucement vers les hôtesses d’accueil.

 

 

 

 

Un vide à remplir?

Nous entrons dans cette file, l’attente un lieu de vide à remplir?
temps privilégié pour s’énerver, zapper sur son portable?
ce peut être aussi celui d’une prise de conscience d’Etre !

 

 

 

 

 

Flash d’intériorité

Andrée dit :
« Voilà tous ces gens qui comme moi ont besoin d’aide,
ils ne savent pas comment éclaircir leur situation.
Je vois des personnes originaires d’autres pays,
pour elles la langue est un nouvel obstacle,
d’autres semble démunies…

Dans cette simple démarche qui pourtant me coûte,
je retrouve la solidarité humaine, « l’Etre Avec » de
notre choix de vie, je suis bien à ma place ! »

 

 

 

Au revoir Jean

Jean s’en est allé vers la maison du Père,
c’était ce matin : mardi 7 mai 2019.

 

Trosly Mars 2011 – Jean Vanier Fondateur de l’Arche.

Les responsables internationaux  de l’Arche nous en partagent la nouvelle :

« Nous avons la grande tristesse de vous annoncer le décès de Jean Vanier.
Jean s’est éteint paisiblement ce mardi 7 mai à Paris. 

Nous connaissons tous la place de Jean dans l’histoire de L’Arche et de Foi et Lumière
ainsi que dans l’histoire personnelle d’un très grand nombre d’entre nous.
Jean a eu une vie d’une immense fécondité. Nous voulons d’abord rendre grâce pour cela.

 

Dans son dernier message, il y a quelques jours, Jean nous disait :

« Je me sens profondément en paix et dans la confiance.
Je ne sais pas de quoi mon futur sera fait,
mais Dieu est bon et quoiqu’il arrive,
ce sera pour le mieux.
Je suis heureux et dis merci pour tout.

Du fond du cœur, mon amour pour chacun de vous »

 

Jean et Ps Magdeleine en 1982

 

 

Sur le vif, paroles de petites sœurs…

 

La tristesse de la séparation frémit en nos cœurs
en même temps qu’un immense merci.
Merci pour la vie cultivée, respectée, valorisée chez toute personne
et plus spécialement chez les personnes vulnérables.

 

 

Jean devant à la fraternité de Tre Fontane à Rome en 1972

 

« Jean ? c’est un prophète pour notre temps »

« Lors d’un séjour à l’Arche avec tous ceux qui vivaient là,
j’ai écouté les partages, commentaires d’Evangile faits par Jean.
Des mots, des phrases simples, que tout le monde pouvait comprendre,
de quoi nourrir et guider nos vies ordinaires avec la Parole de Dieu. »

« Avec bonté Jean m’a fait voir le trésor de Dieu présent en toute personne. 
Celle que je n’arrive pas à comprendre,  que j’ai du mal à supporter,
celle qui semble peu aimable..
. »

Merci à Dieu pour nous avoir donné Jean.

Pour plus d’informations, déposer un message, un témoignage voir le site :  JeanVanier.larche.org .

 

Joyeux Mardi Gras

Tous les cœurs sont joyeux
en ce Mardi Gras 2019 à Dun :

Fabien annonce son anniversaire,
Bruno invite tous ceux qui veulent…

 

« Depuis 1957 les petites sœurs vivent à Dun sur Auron dans le Berry,
simple présence de prière et d’amitié près des personnes touchées
par la maladie mentale. »
Bernadette, Danièle, Françoise, Thérèse relatent un joyeux Mardi Gras!

 

Impatience à partager

Le dimanche précédant le Mardi Gras, juste avant la célébration,
notre ami Fabien se fait une joie d’annoncer au Père Bruno,
que c’est son anniversaire!

 

 

 

Surprise….!

La messe se termine au son de :  « joyeux anniversaire ».
Devant l’autel, le Père Bruno et son cher ami Fabien
sont entourés de tous les enfants et les guides nombreux
ce jour là.

 

 

 

Mardi gras au centre paroissial

 

 

Improvisation

Devant les applaudissements le Père Bruno improvise et invite
tous les paroissiens à se joindre à l’Aumônerie de Santé,
au centre paroissial, pour fêter le mardi-gras.

 

 

 

 

Ambiance de fête

Plusieurs paroissiens ont entendu l’invitation et
sont venus,  ce fut un bon moment convivial avec
une belle ambiance de fête :

 

*joie d’échanger tranquillement avec les premiers arrivés.
*chansons joyeuses et histoires drôles !
*Mireille le visage radieux déclamant son poème : « Le sourire ».

 

Ambiance de fête

 

L’animation n’a pas manquée et les crêpes non plus !

Avant de terminer Fabien improvise un petit couplet
et nous invite à rendre grâce.
Tous les cœurs sont joyeux , on est bien ensemble.

A quand la prochaine fois, demandent nos amis?

Bulles de bonheur

Agent d’entretien dans un centre hospitalier,
Élisabeth, petite sœur en région parisienne,
partage l’une de ses rencontres du quotidien.

 

« Un matin, alors que j’entre dans une chambre pour y effectuer le ménage,
je trouve la dame qui l’occupe plus triste et songeuse que d’habitude.

 

 

Après plusieurs jours d’hospitalisation
nous avons eu le temps de nous connaître un peu,
je sais que cette dame aime la légèreté, les couleurs,
le mouvement des bulles de savon,
je lui propose cet instant de plaisir qu’elle accepte malgré sa tristesse.

Alors les bulles aux reflets de lumière se succèdent…
Petits bonheurs éphémères et pourtant sans prix, hors du temps.

 

 

 

 

 

 

Un dialogue alors s’engage :

  • « En ce moment ma jeune sœur se marie, je pense beaucoup à elle.
  • Où se marie t-elle, à Paris?
  • Non, elle est dans le Sud Ouest de la France »

 

 

 

 

 

Il fait beau dehors, j’ouvre la fenêtre et nous cherchons la direction du Sud Ouest :

  • « C’est par là » me dit-elle
  • « Voulez-vous lui souhaiter des vœux dans votre cœur
    tandis que j’envoie des bulles dans cette direction? »

 

 

 

 

 

 

 

Et Magnifique, les bulles durent longtemps dans le ciel bleu,
Elle s’envolent et n’éclatent qu’après un bon moment

Le visage se réjouit, les yeux pétillent à nouveau…
Cette dame semble s’envoler avec les bulles et ses
souhaits de bonheur ! »

 

Dans un jardin

A Apelaçao au Portugal, les petites sœurs se sont remises au jardinage.
Culture de légumes certes, mais aussi d’amitié,
d’une approche concrète de textes bibliques…

 

Le jardin et le quartier

« Prenez mon jardin »

Luisa nous avait dit : « Depuis trois ans je ne cultive plus mon terrain, prenez-le! »

Et nous voilà en train d’arracher herbes et racines,
monter une clôture et même une baraque pour ranger l’outillage.
Guidées en tout cela par notre ami Isidore jardinier lui aussi.

 

 

 

 

 

Bidons à remplir d’eau

 

Partage des compétences

Déolindo et Bia viennent nous aider à semer les premiers oignons.
Monsieur Frédérico, un homme de 90 ans, agriculteur depuis son enfance,
nous fait bénéficier de ses compétences.
Nous nous sentons accueillies, guidées et nos relations s’élargissent au gré des travaux.

 

 

 

 

Les fèves sont en fleur

La friche se transforme

Petit à petit, ce bout de friche se couvre de légumes que nous osons appeler « Bio »!
Nous aimons aussi partager nos semences, en recevoir
et nous donner des conseils les uns aux autres.

Le jardin n’est pas loin de la fraternité et quelques fois nous y allons simplement
pour un repas de grillades et nous chauffer au soleil !

 

 

 

 

Croissance des artichauts

Méditation

Dans la Bible le commencement de la vie humaine se situe dans un jardin,
tout au long des récits nous lisons des références à l’agriculture, au jardin,
aux semences, à la pluie, au soleil, à la patience, à la confiance…

Ce jardin est donc pour nous aussi lieu de méditation sur la Parole de Dieu:
Il y a les jours, les semaines, les saisons de travail fructueux,
et il y a ceux où rien ne pousse !

 

 

 

 

 

Le grain semé prend son temps

Nous ne devons pas oublier que la semence jetée en terre
germe seule dans l’obscurité,
sans que nous fassions quelques chose de particulier,
le grain semé donnera son fruit en son temps, pas au nôtre.

 

 

 

 

 

Joie de la récolte

Heureuses de la récolte

Jésus ne nous dit-il pas que :

« Les oiseaux ne sèment ni ne récoltent et qu’ils sont nourris » ?
Livre de l’Évangile de Luc 12, 24

Et encore qu’il arrive

« Que celui qui sème ne soit pas celui qui récolte, mais les deux sont heureux » ?
Livre de l’Évangile de Jean 4, 37

Dieu sème aussi dans nos cœurs une semence divine qui va féconder nos différents terrains.

 

 

Parole de Prophète

« Comme la pluie et la neige descendent des cieux
et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, 

l’avoir fécondée et fait germer
pour qu’elle donne la semence au semeur et le pain,

de même la Parole qui sort de ma bouche ne me revient pas sans résultat,
sans avoir fait ce que je voulais et réussi sa mission. »

Prophète Isaïe dans le Livre de la Bible

 

Ancrée dans la réalité

A Gallitzin aux USA, petite sœur Mary Roberta partage, depuis deux ans,
la vie en foyer logement, avec des personnes plus ou moins de son âge.

 

 

 

« Une vie ordinaire » dit elle, et c’est vrai, comme celle de tant de gens.
Pourtant cet ordinaire s’éclaire d’une joie profonde quand le cœur
s’ouvre à celui qui frappe.

 

 

 

 

 

Carrefour des rencontres

« Dans notre bâtiment un ordinateur est à disposition.
Un jour, tandis que j’étais à répondre aux e-mails,
John vient s’asseoir à côté de moi. Il me demande s’il peut
regarder ce que je fais.

Ce voisin discute rarement avec les autres résidents,
de plus il montre peu d’intérêt pour ces outils modernes.
Mais bien qu’étonnée par sa demande, j’accepte.
Il ne bouge pas et ne dit rien.

 

 

Ancrée dans la réalité

Par chance, ce jour-là, j’avais lu quelque chose du Dalaï Lama :

« Nos vies seront plus harmonieuses
si nous nous ancrons dans la réalité ».

Alors je me suis dit : voici ma réalité,
et au lieu de souhaiter que John s’en aille,
comment vais-je entrer en dialogue avec lui ?

N’ayant pas eu de succès en parlant, je fais remonter quelques photos sur l’écran.
Après la troisième photo, prise avec des amis, il dit : « Tiens, te voilà ! ».

 

 

Alors je lui en fais voir d’autres, mais plus de réaction.
Finalement nous nous quittons.

De telles rencontres, quoique minimes,
nourrissent ma certitude que Dieu
veut que toute personne soit reconnue.

 

 

 

Les angoisses de la nuit.

Un autre soir, vers minuit, le téléphone sonne.
Sûre que c’était une erreur, je l’ignore.
Mais, quand après quelques secondes la sonnerie à nouveau retentit,
je me décide à répondre.

C’était la voisine qui, sans en dire plus, me demandait de passer chez elle.
Réveillée d’un bon sommeil, je me sentais un peu de mauvaise humeur !

 

 

 

 

Le cœur en éveil

Mais très vite je m’aperçois que cette dame est angoissée.
Elle me laisse comprendre qu’elle a peur de mourir,
peur aussi d’aller à l’hôpital.

Quoi faire ?

Assise à côté d’elle, sans trop savoir quoi faire,
je l’encourage à respirer doucement et plus en profondeur.
Elle reste agitée.

 

 

Entrer dans la confiance.

Me vient l’idée de prier avec elle  le Psaume 23
et je commence :                                     « Le Seigneur est mon berger… »

Aussitôt  elle répond :                             « Je ne manque de rien ».

Voyant que la concordance s’installait,
nous avons continué.                               « Aux eaux tranquilles, il rafraichit mon âme »

Elle avait retrouvé le calme, sa tension avait baissé.

 

« Oui,
tous les jours de ma vie
ton amour m’accompagne,
et je suis heureux. »

 

 

« Green Hôtel »

C’est au « Green Hôtel » que Véronique et Monika
-Petites sœurs en fraternité dans l’Oise et dans le Nord-
ont rendez-vous avec leurs amis de passage à Calais.
Ces amis cherchaient un lieu calme et pas cher où passer la nuit…

 

Tentes sous les arbres

Retrouvailles

Lorsque nous arrivons le matin, guidées par Aman et Véronique B,
nos amis sortent à peine de leur sommeil sous tentes.

Après un thé bien chaud commencent les discussions et même une partie de ballon pour se mettre en forme.

Combien sont-ils en ce lieu appelé encore « Petite forêt »?
Vingt, trente, quarante… entassés dans une dizaine de tentes sous les arbres.
Ils ont fui l’Érythrée, leur pays, à cause de la guerre.

Ici une autre guerre les attendait.

 

 

Partie de ballon

Liberté

Cet « Hôtel de Verdure » coincé entre une route et une rocade est loin d’être un vrai repos. Régulièrement les forces de l’ordre viennent en vider le lieu. En août prochain il est même question de clôturer ce parc.

Depuis 2015 nous venons régulièrement à Calais et c’est avec une immense tristesse que nous voyons la ville s’entourer de plus en plus de grillages de clôtures. Des murs bien concrets et ceux qui sclérosent les cœurs.

 

 

 

 

Claudine et Brigitte recyclent à l’atelier couture

La peur

Certains habitants sont transis de peur, inquiets pour leur vie quotidienne,
gênés par des comportements qu’ils ne comprennent pas (manque d’eau, de sanitaires),
d’autres habités de préjugés, d’amalgames.

Pour quelques uns c’est le repli, pour d’autre la violence.

D’autres encore osent la rencontre, cherchent des moyens pour aider, encourager, réconforter…
Un bol de soupe, un sourire… ceux là doivent s’attendre à pâtir un jour ou l’autre de leur audace solidaire.

 

 

Lumières et ténèbres

Ne fermons pas les yeux sur l’obscurité et la lumière qui habitent notre humanité qu’elle soit en errance ou implantée.
Les mouvements de société nous déstabilisent et ouvrent ou ferment à la rencontre de l’autre quel qu’il soit.

« Ce qui fait peur, c’est la représentation que l’on se fait des migrants…
Mais cette peur disparaît dès que l’on sort de l’imaginaire et
que l’on entre en relation individuellement avec les personnes. »

Père Antoine Paumard, SJ, Journal La Croix du 20 Juin 2018

 

 

Quelques planches, un feu

Maraude

Ce matin à « La Verrotière » les tentes sont encore debout, elles ont été épargnées par les forces de l’ordre.
Autour d’un feu, quelques hommes, une femme, nous allons nous assoir sur les pierres et parler avec elle. Temps d’amitié, d’humanité, dérobés aux rejets.

Ensemble nous offrons nos mains à la chaleur des flammes, il fait si froid.

 

 

 

 

 

Partie animée

Antenne d’accueil

Chaque après midi s’ouvre l’accueil à l’antenne du Secours Catholique en centre ville.
Espace clair, spacieux, pratique pour les diverses animations qui s’y déroulent : jeux, film, coupe de cheveux, entretiens pour les papiers… thé chaud et café à volonté.

Un soir, juste avant de partir, nous assistons à un quatuor magique de guitares désaccordées. Trois Érythréens et un Afghan grattent leurs instruments à des rythmes décalés !
Au delà de la performance musicale, l’image de cet ensemble inattendu joue une note d’espérance à notre humanité malmenée.

 

 

Icône de la Trinité

Apaiser notre cœur

Un soir, toutes les deux, nous partons à pied effectuer quelques courses.
Nous prenons des chemins de rallonge afin d’extérioriser les tensions emmagasinées.
Ce dont nous avons été témoins au long jour bouleverse nos cœurs : l’espoir, la répression, la fraternité, les insultes…

C’est tout cela que nous déposons dans la prière et le silence avant de nous coucher.

 

« N’oubliez pas de bien recevoir ceux qui viennent chez vous.
Quelques-uns, en faisant cela, ont reçu des anges sans le savoir. »

Livre de la Bible Hb 13, 1-2

 

Où est ma terre ?

« J’arrive comme dans un autre monde,
le décalage est si grand ! »

Ces mots de Nicole, une petite sœur qui a vécu 61 ans au Mexique,
disent quelque chose du chamboulement inévitable qui surgit,
à la fois quand on arrive dans un nouveau pays et,
quand on revient dans le sien après tant d’années.

 

 

Alors la question se pose :
Où est ma terre ?
Quel est mon pays ?

 

 

 

 

 

Avec d’autres peuples

Il y a 6 mois j’ai quitté le village où était implantée la fraternité. Nous partagions là l’existence de ces communautés humaines dépouillées de leurs terres, de leurs droits, obligées de migrer vers d’autres régions pour survivre. Des communautés au même destin et donc solidaires entre elles pour retrouver avec courage et parfois dangereusement droit et dignité.

 

 

 

 

J’ai tant à remercier pour les milliers d’amitiés tissées au quotidien,
pour avoir vécu la magie de la culture , de la musique , des couleurs,
des fêtes communautaires qui nourrissent et engagent la vie et
la joie en résistance.

Tout une richesse et un apprentissage!

 

 

 

 

Redécouvrir « ici »

Et me voici dans une société protégée, ou les besoins élémentaires sont à l’abri, où tout semble dû pour une sécurité confortable,  où le besoin de s’unir à d’autres parait moins urgent…

Où je découvre aussi, autrement, une belle humanité faite d’attentions et d’amabilité, dans la rue,  les bureaux etc.

 

 

 

Un nouveau chemin

Pour moi, le but n’est pas d’alimenter la nostalgie, en me figeant dans le passé,
même si parfois les larmes coulent toutes seules …

Me réinsérer dans mon pays est un défi que j’accueille en toute liberté.

 

 

Comment me ré-situer ?
Au fur et à mesure se préciseront les « où » et les « comment »
avec leurs apprentissages, leurs nouveautés, leurs découvertes.

La présence de ma communauté m’aide dans cette mutation.

Vie de village

C’est le soir, nous sommes autour de la table, Denis, la mine triste, entre :

« Je ne vais pas bien, je voudrais que le docteur me donne quelque chose
pour ne plus avoir cette angoisse. »

Plus tard Jean arrive, son rire tonitruant nous entraine à le suivre.
A son tour Lucien discrètement vient s’asseoir, il regarde tout le monde et repère les nouveaux.

Ainsi tout au long de la soirée, des personnes passent un moment à la fraternité.

 

 

Des rencontres en abondance ?

Lieu de solitude?

Arrivée depuis quelques jours, à la fraternité de La Villetertre dans l’Oise, je regarde le quotidien de mes sœurs d’ici.
Qui pourrait penser que dans un village il puisse y avoir tant de mouvement ?

 

Les personnes résidant à l’ESAT * ne sont pas les seules à fréquenter la fraternité : amis, voisins, paroissiens… ne manquent pas d’occasions pour passer un moment.

 

 

A quand la prochaine rencontre?

Porte ouverte

Françoise, Marc, Danièle, Brigitte, Yvan, Sophie, Gilles… s’arrêtent pour un service à donner ou à recevoir, pour préparer une réunion, un événement, pour des légumes et des fruits à partager, des soucis à porter ensemble, un anniversaire à marquer, se joindre à la prière, ou tout simplement pour discuter autour d’un café…
Et ce qui frappe dans toutes ces rencontres c’est la réciprocité. A un moment ou à un autre on a besoin d’amis pour avancer sur sa route propre.

 

 

 

Mêlées à la vie sociale

Le village lui-même favorise la vie sociale :fêtes, commémorations, groupes… rassemblent la population.

Selon les possibilités d’âge, de temps, de compétences, les petites sœurs se réjouissent de participer à cette vie.
Paule et Jo rejoignent le « Club des anciens »,
Patricia prépare des crêpes lors d’une fête, Chorale et gym pour Véronique et Odile,

Et puis toutes s’activent, avec les villageois disponibles, à l’épluchage des pommes de terre pour un repas de kermesse…

 

 

Prier ensemble

Au delà du local

C’est vendredi soir, Claire, de la fraternité de La Courneuve, vient pour un weekend de solitude et de prière.

La maison assez spacieuse, d’accès facile grâce à un arrêt ferroviaire, permet à des membres de la Fraternité ou non de faire une halte de silence et de prière loin du bruit et de l’agitation des grandes villes, ou simplement du quotidien.

 

 

 

« Le frère Charles nous laisse l’exemple d’une disponibilité totale,
en même temps que l’hospitalité la plus large et la plus fraternelle.

Il a ouvert son cœur à tous les êtres et n’a jamais pu mettre de
limites à son zèle et à son amour fraternel.
C’est le message de son cœur que je  veux essayer de transmettre… »

Petite sœur Magdeleine

 

* (Établissement Spécialisé Accueil par le Travail)

Réjouissez-vous avec moi

Comme il est bon de partager les bonnes nouvelles !

On ne peut oublier les conflits, les guerres, les séismes…
qui ravagent notre planète et, au plus près de nous, les
épreuves de famille, de voisinage, de travail…

A plus forte raison accueillons les bonnes nouvelles qui nous dynamisent,
embellissent notre monde, nous donnent de l’espérance.

 

 

Applaudissements

Des applaudissements éclatent dans notre petit groupe,
Véronique vient de nous annoncer l’obtention de ses papiers
pour séjourner dix ans en France.

 

 

 

 

Un long chemin

Atelier dessin avec des migrants

Par Véronique, notre sœur, nous éprouvons le parcours sévère et incertain d’une demande de régularisation à rester sur le territoire français.

 

Attentes, reports, insuffisance de documents, raisons diverses, examens, vérification de la langue, lieux administratifs changeants, parfois même humiliations. Tout semble concourir à décourager celle ou celui qui cherche à séjourner en France pour un temps plus ou moins long.

 

Pour continuer la route et ne pas désespérer Véronique bénéficiait
du soutien de la fraternité, qu’en est-il de ceux qui traversent ces
épreuves tout seuls?

 

Ne pas les oublier

« Une attente interminable »

« Il y a eu tant de jours d’angoisse » -nous dit Véronique-
« à cause d’une attente interminable et sans savoir ce qui arriverait au final.

Et puis la joie de recevoir « les papiers »

Ma satisfaction ne me fait pas oublier ceux qui n’ont aucun soutien, qui attendent encore.

Durant ces démarches j’ai rencontré des personnes originaires de tant de pays différents. Nous ne nous sommes pas seulement côtoyés, des dialogues se sont engagés, des partages de la vie familiale, la détresse, la peur de l’avenir… et l’espoir ! Tous ceux-là restent dans mon cœur et ma prière.

Notre spiritualité de proximité, au plus près du monde, est venue me rejoindre là pour partager la situation de mes frères et sœurs étrangers. »

 

Un défi pour la Fraternité

Retrouvailles lors d’une rencontre internationale

Notre congrégation, internationale depuis ses origines, veut favoriser la rencontre des peuples.

Petite Sœur Magdeleine, marquée par l’anéantissement de sa famille pendant la Première Guerre Mondiale, a voulu donner à cette congrégation nouvelle qu’elle fondait, un visage d’unité.
Unité entre nous, unité dans l’ouverture à d’autres cultures en nous mélangeant autant que possible dans nos fraternités.

Aujourd’hui, à cause des complications politiques entre les Etats, c’est un vrai défi de persévérer dans cette ligne.
Si les cultures différentes nous bousculent, nous désinstallent,
elles sont aussi source d’ouverture, cela vaut la peine de braver
les tracasseries administratives pour goûter cet enrichissement.