Dans un jardin

A Apelaçao au Portugal, les petites sœurs se sont remises au jardinage.
Culture de légumes certes, mais aussi d’amitié,
d’une approche concrète de textes bibliques…

 

Le jardin et le quartier

« Prenez mon jardin »

Luisa nous avait dit : « Depuis trois ans je ne cultive plus mon terrain, prenez-le! »

Et nous voilà en train d’arracher herbes et racines,
monter une clôture et même une baraque pour ranger l’outillage.
Guidées en tout cela par notre ami Isidore jardinier lui aussi.

 

 

 

 

 

Bidons à remplir d’eau

 

Partage des compétences

Déolindo et Bia viennent nous aider à semer les premiers oignons.
Monsieur Frédérico, un homme de 90 ans, agriculteur depuis son enfance,
nous fait bénéficier de ses compétences.
Nous nous sentons accueillies, guidées et nos relations s’élargissent au gré des travaux.

 

 

 

 

Les fèves sont en fleur

La friche se transforme

Petit à petit, ce bout de friche se couvre de légumes que nous osons appeler « Bio »!
Nous aimons aussi partager nos semences, en recevoir
et nous donner des conseils les uns aux autres.

Le jardin n’est pas loin de la fraternité et quelques fois nous y allons simplement
pour un repas de grillades et nous chauffer au soleil !

 

 

 

 

Croissance des artichauts

Méditation

Dans la Bible le commencement de la vie humaine se situe dans un jardin,
tout au long des récits nous lisons des références à l’agriculture, au jardin,
aux semences, à la pluie, au soleil, à la patience, à la confiance…

Ce jardin est donc pour nous aussi lieu de méditation sur la Parole de Dieu:
Il y a les jours, les semaines, les saisons de travail fructueux,
et il y a ceux où rien ne pousse !

 

 

 

 

 

Le grain semé prend son temps

Nous ne devons pas oublier que la semence jetée en terre
germe seule dans l’obscurité,
sans que nous fassions quelques chose de particulier,
le grain semé donnera son fruit en son temps, pas au nôtre.

 

 

 

 

 

Joie de la récolte

Heureuses de la récolte

Jésus ne nous dit-il pas que :

« Les oiseaux ne sèment ni ne récoltent et qu’ils sont nourris » ?
Livre de l’Évangile de Luc 12, 24

Et encore qu’il arrive

« Que celui qui sème ne soit pas celui qui récolte, mais les deux sont heureux » ?
Livre de l’Évangile de Jean 4, 37

Dieu sème aussi dans nos cœurs une semence divine qui va féconder nos différents terrains.

 

 

Parole de Prophète

« Comme la pluie et la neige descendent des cieux
et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, 

l’avoir fécondée et fait germer
pour qu’elle donne la semence au semeur et le pain,

de même la Parole qui sort de ma bouche ne me revient pas sans résultat,
sans avoir fait ce que je voulais et réussi sa mission. »

Prophète Isaïe dans le Livre de la Bible

 

Ancrée dans la réalité

A Gallitzin aux USA, petite sœur Mary Roberta partage, depuis deux ans,
la vie en foyer logement, avec des personnes plus ou moins de son âge.

 

 

 

« Une vie ordinaire » dit elle, et c’est vrai, comme celle de tant de gens.
Pourtant cet ordinaire s’éclaire d’une joie profonde quand le cœur
s’ouvre à celui qui frappe.

 

 

 

 

 

Carrefour des rencontres

« Dans notre bâtiment un ordinateur est à disposition.
Un jour, tandis que j’étais à répondre aux e-mails,
John vient s’asseoir à côté de moi. Il me demande s’il peut
regarder ce que je fais.

Ce voisin discute rarement avec les autres résidents,
de plus il montre peu d’intérêt pour ces outils modernes.
Mais bien qu’étonnée par sa demande, j’accepte.
Il ne bouge pas et ne dit rien.

 

 

Ancrée dans la réalité

Par chance, ce jour-là, j’avais lu quelque chose du Dalaï Lama :

« Nos vies seront plus harmonieuses
si nous nous ancrons dans la réalité ».

Alors je me suis dit : voici ma réalité,
et au lieu de souhaiter que John s’en aille,
comment vais-je entrer en dialogue avec lui ?

N’ayant pas eu de succès en parlant, je fais remonter quelques photos sur l’écran.
Après la troisième photo, prise avec des amis, il dit : « Tiens, te voilà ! ».

 

 

Alors je lui en fais voir d’autres, mais plus de réaction.
Finalement nous nous quittons.

De telles rencontres, quoique minimes,
nourrissent ma certitude que Dieu
veut que toute personne soit reconnue.

 

 

 

Les angoisses de la nuit.

Un autre soir, vers minuit, le téléphone sonne.
Sûre que c’était une erreur, je l’ignore.
Mais, quand après quelques secondes la sonnerie à nouveau retentit,
je me décide à répondre.

C’était la voisine qui, sans en dire plus, me demandait de passer chez elle.
Réveillée d’un bon sommeil, je me sentais un peu de mauvaise humeur !

 

 

 

 

Le cœur en éveil

Mais très vite je m’aperçois que cette dame est angoissée.
Elle me laisse comprendre qu’elle a peur de mourir,
peur aussi d’aller à l’hôpital.

Quoi faire ?

Assise à côté d’elle, sans trop savoir quoi faire,
je l’encourage à respirer doucement et plus en profondeur.
Elle reste agitée.

 

 

Entrer dans la confiance.

Me vient l’idée de prier avec elle  le Psaume 23
et je commence :                                     « Le Seigneur est mon berger… »

Aussitôt  elle répond :                             « Je ne manque de rien ».

Voyant que la concordance s’installait,
nous avons continué.                               « Aux eaux tranquilles, il rafraichit mon âme »

Elle avait retrouvé le calme, sa tension avait baissé.

 

« Oui,
tous les jours de ma vie
ton amour m’accompagne,
et je suis heureux. »

 

 

« Green Hôtel »

C’est au « Green Hôtel » que Véronique et Monika
-Petites sœurs en fraternité dans l’Oise et dans le Nord-
ont rendez-vous avec leurs amis de passage à Calais.
Ces amis cherchaient un lieu calme et pas cher où passer la nuit…

 

Tentes sous les arbres

Retrouvailles

Lorsque nous arrivons le matin, guidées par Aman et Véronique B,
nos amis sortent à peine de leur sommeil sous tentes.

Après un thé bien chaud commencent les discussions et même une partie de ballon pour se mettre en forme.

Combien sont-ils en ce lieu appelé encore « Petite forêt »?
Vingt, trente, quarante… entassés dans une dizaine de tentes sous les arbres.
Ils ont fui l’Érythrée, leur pays, à cause de la guerre.

Ici une autre guerre les attendait.

 

 

Partie de ballon

Liberté

Cet « Hôtel de Verdure » coincé entre une route et une rocade est loin d’être un vrai repos. Régulièrement les forces de l’ordre viennent en vider le lieu. En août prochain il est même question de clôturer ce parc.

Depuis 2015 nous venons régulièrement à Calais et c’est avec une immense tristesse que nous voyons la ville s’entourer de plus en plus de grillages de clôtures. Des murs bien concrets et ceux qui sclérosent les cœurs.

 

 

 

 

Claudine et Brigitte recyclent à l’atelier couture

La peur

Certains habitants sont transis de peur, inquiets pour leur vie quotidienne,
gênés par des comportements qu’ils ne comprennent pas (manque d’eau, de sanitaires),
d’autres habités de préjugés, d’amalgames.

Pour quelques uns c’est le repli, pour d’autre la violence.

D’autres encore osent la rencontre, cherchent des moyens pour aider, encourager, réconforter…
Un bol de soupe, un sourire… ceux là doivent s’attendre à pâtir un jour ou l’autre de leur audace solidaire.

 

 

Lumières et ténèbres

Ne fermons pas les yeux sur l’obscurité et la lumière qui habitent notre humanité qu’elle soit en errance ou implantée.
Les mouvements de société nous déstabilisent et ouvrent ou ferment à la rencontre de l’autre quel qu’il soit.

« Ce qui fait peur, c’est la représentation que l’on se fait des migrants…
Mais cette peur disparaît dès que l’on sort de l’imaginaire et
que l’on entre en relation individuellement avec les personnes. »

Père Antoine Paumard, SJ, Journal La Croix du 20 Juin 2018

 

 

Quelques planches, un feu

Maraude

Ce matin à « La Verrotière » les tentes sont encore debout, elles ont été épargnées par les forces de l’ordre.
Autour d’un feu, quelques hommes, une femme, nous allons nous assoir sur les pierres et parler avec elle. Temps d’amitié, d’humanité, dérobés aux rejets.

Ensemble nous offrons nos mains à la chaleur des flammes, il fait si froid.

 

 

 

 

 

Partie animée

Antenne d’accueil

Chaque après midi s’ouvre l’accueil à l’antenne du Secours Catholique en centre ville.
Espace clair, spacieux, pratique pour les diverses animations qui s’y déroulent : jeux, film, coupe de cheveux, entretiens pour les papiers… thé chaud et café à volonté.

Un soir, juste avant de partir, nous assistons à un quatuor magique de guitares désaccordées. Trois Érythréens et un Afghan grattent leurs instruments à des rythmes décalés !
Au delà de la performance musicale, l’image de cet ensemble inattendu joue une note d’espérance à notre humanité malmenée.

 

 

Icône de la Trinité

Apaiser notre cœur

Un soir, toutes les deux, nous partons à pied effectuer quelques courses.
Nous prenons des chemins de rallonge afin d’extérioriser les tensions emmagasinées.
Ce dont nous avons été témoins au long jour bouleverse nos cœurs : l’espoir, la répression, la fraternité, les insultes…

C’est tout cela que nous déposons dans la prière et le silence avant de nous coucher.

 

« N’oubliez pas de bien recevoir ceux qui viennent chez vous.
Quelques-uns, en faisant cela, ont reçu des anges sans le savoir. »

Livre de la Bible Hb 13, 1-2

 

Où est ma terre ?

« J’arrive comme dans un autre monde,
le décalage est si grand ! »

Ces mots de Nicole, une petite sœur qui a vécu 61 ans au Mexique,
disent quelque chose du chamboulement inévitable qui surgit,
à la fois quand on arrive dans un nouveau pays et,
quand on revient dans le sien après tant d’années.

 

 

Alors la question se pose :
Où est ma terre ?
Quel est mon pays ?

 

 

 

 

 

Avec d’autres peuples

Il y a 6 mois j’ai quitté le village où était implantée la fraternité. Nous partagions là l’existence de ces communautés humaines dépouillées de leurs terres, de leurs droits, obligées de migrer vers d’autres régions pour survivre. Des communautés au même destin et donc solidaires entre elles pour retrouver avec courage et parfois dangereusement droit et dignité.

 

 

 

 

J’ai tant à remercier pour les milliers d’amitiés tissées au quotidien,
pour avoir vécu la magie de la culture , de la musique , des couleurs,
des fêtes communautaires qui nourrissent et engagent la vie et
la joie en résistance.

Tout une richesse et un apprentissage!

 

 

 

 

Redécouvrir « ici »

Et me voici dans une société protégée, ou les besoins élémentaires sont à l’abri, où tout semble dû pour une sécurité confortable,  où le besoin de s’unir à d’autres parait moins urgent…

Où je découvre aussi, autrement, une belle humanité faite d’attentions et d’amabilité, dans la rue,  les bureaux etc.

 

 

 

Un nouveau chemin

Pour moi, le but n’est pas d’alimenter la nostalgie, en me figeant dans le passé,
même si parfois les larmes coulent toutes seules …

Me réinsérer dans mon pays est un défi que j’accueille en toute liberté.

 

 

Comment me ré-situer ?
Au fur et à mesure se préciseront les « où » et les « comment »
avec leurs apprentissages, leurs nouveautés, leurs découvertes.

La présence de ma communauté m’aide dans cette mutation.

Vie de village

C’est le soir, nous sommes autour de la table, Denis, la mine triste, entre :

« Je ne vais pas bien, je voudrais que le docteur me donne quelque chose
pour ne plus avoir cette angoisse. »

Plus tard Jean arrive, son rire tonitruant nous entraine à le suivre.
A son tour Lucien discrètement vient s’asseoir, il regarde tout le monde et repère les nouveaux.

Ainsi tout au long de la soirée, des personnes passent un moment à la fraternité.

 

 

Des rencontres en abondance ?

Lieu de solitude?

Arrivée depuis quelques jours, à la fraternité de La Villetertre dans l’Oise, je regarde le quotidien de mes sœurs d’ici.
Qui pourrait penser que dans un village il puisse y avoir tant de mouvement ?

 

Les personnes résidant à l’ESAT * ne sont pas les seules à fréquenter la fraternité : amis, voisins, paroissiens… ne manquent pas d’occasions pour passer un moment.

 

 

A quand la prochaine rencontre?

Porte ouverte

Françoise, Marc, Danièle, Brigitte, Yvan, Sophie, Gilles… s’arrêtent pour un service à donner ou à recevoir, pour préparer une réunion, un événement, pour des légumes et des fruits à partager, des soucis à porter ensemble, un anniversaire à marquer, se joindre à la prière, ou tout simplement pour discuter autour d’un café…
Et ce qui frappe dans toutes ces rencontres c’est la réciprocité. A un moment ou à un autre on a besoin d’amis pour avancer sur sa route propre.

 

 

 

Mêlées à la vie sociale

Le village lui-même favorise la vie sociale :fêtes, commémorations, groupes… rassemblent la population.

Selon les possibilités d’âge, de temps, de compétences, les petites sœurs se réjouissent de participer à cette vie.
Paule et Jo rejoignent le « Club des anciens »,
Patricia prépare des crêpes lors d’une fête, Chorale et gym pour Véronique et Odile,

Et puis toutes s’activent, avec les villageois disponibles, à l’épluchage des pommes de terre pour un repas de kermesse…

 

 

Prier ensemble

Au delà du local

C’est vendredi soir, Claire, de la fraternité de La Courneuve, vient pour un weekend de solitude et de prière.

La maison assez spacieuse, d’accès facile grâce à un arrêt ferroviaire, permet à des membres de la Fraternité ou non de faire une halte de silence et de prière loin du bruit et de l’agitation des grandes villes, ou simplement du quotidien.

 

 

 

« Le frère Charles nous laisse l’exemple d’une disponibilité totale,
en même temps que l’hospitalité la plus large et la plus fraternelle.

Il a ouvert son cœur à tous les êtres et n’a jamais pu mettre de
limites à son zèle et à son amour fraternel.
C’est le message de son cœur que je  veux essayer de transmettre… »

Petite sœur Magdeleine

 

* (Établissement Spécialisé Accueil par le Travail)

Réjouissez-vous avec moi

Comme il est bon de partager les bonnes nouvelles !

On ne peut oublier les conflits, les guerres, les séismes…
qui ravagent notre planète et, au plus près de nous, les
épreuves de famille, de voisinage, de travail…

A plus forte raison accueillons les bonnes nouvelles qui nous dynamisent,
embellissent notre monde, nous donnent de l’espérance.

 

 

Applaudissements

Des applaudissements éclatent dans notre petit groupe,
Véronique vient de nous annoncer l’obtention de ses papiers
pour séjourner dix ans en France.

 

 

 

 

Un long chemin

Atelier dessin avec des migrants

Par Véronique, notre sœur, nous éprouvons le parcours sévère et incertain d’une demande de régularisation à rester sur le territoire français.

 

Attentes, reports, insuffisance de documents, raisons diverses, examens, vérification de la langue, lieux administratifs changeants, parfois même humiliations. Tout semble concourir à décourager celle ou celui qui cherche à séjourner en France pour un temps plus ou moins long.

 

Pour continuer la route et ne pas désespérer Véronique bénéficiait
du soutien de la fraternité, qu’en est-il de ceux qui traversent ces
épreuves tout seuls?

 

Ne pas les oublier

« Une attente interminable »

« Il y a eu tant de jours d’angoisse » -nous dit Véronique-
« à cause d’une attente interminable et sans savoir ce qui arriverait au final.

Et puis la joie de recevoir « les papiers »

Ma satisfaction ne me fait pas oublier ceux qui n’ont aucun soutien, qui attendent encore.

Durant ces démarches j’ai rencontré des personnes originaires de tant de pays différents. Nous ne nous sommes pas seulement côtoyés, des dialogues se sont engagés, des partages de la vie familiale, la détresse, la peur de l’avenir… et l’espoir ! Tous ceux-là restent dans mon cœur et ma prière.

Notre spiritualité de proximité, au plus près du monde, est venue me rejoindre là pour partager la situation de mes frères et sœurs étrangers. »

 

Un défi pour la Fraternité

Retrouvailles lors d’une rencontre internationale

Notre congrégation, internationale depuis ses origines, veut favoriser la rencontre des peuples.

Petite Sœur Magdeleine, marquée par l’anéantissement de sa famille pendant la Première Guerre Mondiale, a voulu donner à cette congrégation nouvelle qu’elle fondait, un visage d’unité.
Unité entre nous, unité dans l’ouverture à d’autres cultures en nous mélangeant autant que possible dans nos fraternités.

Aujourd’hui, à cause des complications politiques entre les Etats, c’est un vrai défi de persévérer dans cette ligne.
Si les cultures différentes nous bousculent, nous désinstallent,
elles sont aussi source d’ouverture, cela vaut la peine de braver
les tracasseries administratives pour goûter cet enrichissement.

 

Accomplir un projet

Lorsque les petites sœurs sont arrivées aux Philippines il y a 40 ans c’était,
à l’invitation de l’évêque  Benny Tudtud, pour  fonder une fraternité à Marawi
au sud de l’ile de Mindanao.
Mais sur la route, et pour diverses raisons,  elles se sont arrêtées dans la périphérie de Manille.

 

Envoyées par la communauté

 

Depuis quelques mois le projet initial s’est remis en route et Cécilia, Lilette, Séraphina sont arrivées à Masbate pour y commencer une fraternité en monde rural.

Que disent-elles de ces premiers pas?

 

 

 

 

Maison provisoire

S’installer :

Notre maison ne comporte actuellement qu’une seule pièce,
c’est là notre espace de vie communautaire.
Des travaux sont en cours pour aménager l’habitation dont
une chapelle ouverte à tous ceux qui voudront  venir.

Un jour de grand vent et de pluie,
seules quelques fuites d’eau ont traversé le toit en feuilles de palme,
cela nous a rassurées sur la solidité de la charpente.

 

 

A la pompe

Tâches familiales

Pour le moment nous allons chercher l’eau à la pompe en bas d’une côte.
D’ordinaire ce sont les enfants qui s’acquittent de cette tâche familiale.

Ces allées et venues nous donnent l’occasion de rencontrer les voisins,
de nous connaître, nous familiariser.

Dans les travaux d’aménagement, un forage est prévu afin d’avoir l’eau à
proximité et entretenir le jardin.

 

 

A contre courant

Ce choix de rejoindre le monde rural va à contre-courant des mouvements habituels,
les gens vont plutôt grossir les agglomérations déjà importantes.

S’effectue alors des déplacements réguliers de populations entre villes et villages,
et il en est de même pour nous par les visites de nos sœurs.

 

Le soir depuis la colline

Pourquoi tant de persévérance?

Partage
Nous avons choisi ce monde rural afin de partager la vie des paysans en précarité. Ils ne possèdent pas la terre qu’ils cultivent.

Simplicité
Ces familles n’ont pas grand-chose, l’essentiel pour le quotidien, cela permet de nous inscrire dans cette simplicité et sobriété de vie.

Prière
Notre maison pas trop proche des voisins, l’espace du jardin mis en culture… donnent un climat de silence, et allient travail manuel et prière. Ces aspects importants pour notre vie de fraternité, sont ouverts à ceux qui souhaitent les partager.

Ce chemin de vie veut aussi témoigner
de la richesse d’un quotidien ordinaire
de tant de gens, comme Jésus à Nazareth.

Viens t’asseoir avec nous

Une invitation :

« Viens t’asseoir avec nous »
Ces mots simples, accueillants donnent le ton de la rencontre qui va suivre.

Texte de Monika  Fraternité de Masny

 

C’était une fin d’après-midi et je rentrais à la maison.
Alors que je traversais la grande place de notre quartier,
j’aperçois un peu plus loin, Sonia, 9 ans,
assise sur un banc à discuter avec une copine.
Vélo et skate à terre devant elles.

 

De loin je les salue et nous entamons une petite conversation.
Comme je m’apprêtais à poursuivre ma route, Sonia m’interpelle :

 

« Viens t’asseoir avec nous »
et déjà elles poussent vélo et skate,
font de la place sur le banc.

 

 

Mon cœur pétille de joie à cette invitation,
je vais m’asseoir avec elles sur le banc
et nous poursuivons la conversation 10, 15 minutes.

La réserve intérieure que j’éprouvais à ne pas les interrompre
dans leur discussion de petites filles s’est envolée puisque ce
c’était elles qui m’invitaient à l’ouverture.

J’ai goûté là une rencontre de spontanéité faite de confiance réciproque.
Cadeau d’une amitié tissée avec tous dans l’ordinaire des jours.

Merci les enfants.

 

« Jésus dit à ses disciples :
« Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas,
car le royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux.
En vérité je vous le déclare, qui n’accueille pas
le royaume
de Dieu comme un enfant n’y entrera pas. « 
Évangile de Marc 10, 14-15

 

Dehors

Après deux semaines à Calais Monique et Monika, petites sœurs en région parisienne et dans le Nord,
reviennent  sur ce qu’elles ont vu, entendu dans cette ville auprès des migrants et des membres associatifs.

Ces « migrants » côtoyés à chaque instant nous sont devenus familiers, unique chacun par son prénom, son histoire…

 

Dehors pour libérer la parole

C’est le matin, il fait beau, nous sommes une quarantaine de personnes assises dans l’herbe d’un parc verdoyant
au milieu des boutons d’or et des fleurs de pissenlits. La discussion va bon train.
Quelle situation idyllique pour un temps de pause dans l’agitation de nos vies.

 

Après un jet de gaz sans raison

Dehors, pourchassés

Mais ceux qui sont là, de différentes nationalités, forment un peuple en errance, à la recherche d’une terre d’accueil, de ce qu’il pense un avenir meilleur.
Pour le moment, à part ce matin bucolique et les marques  d’accueil, de fraternité par des membres associatifs, ce peuple se cache, se protège comme il peut sous les arbres, sous les ponts, pourchassé sans ménagement par les forces de l’ordre, retrouvé par les diverses organisations humanitaires qui leur offrent un peu de repas, de thé chaud, d’amitié…

 

Un rampe de robinets

Dehors et humiliés

Dans plusieurs lieux de la ville, ponctuellement, des rampes d’eau de plus ou moins une dizaine de robinets sont installées. Robinets sans écoulement, à hauteur d’un enfants de 4 ans.

Quelques sanitaires dans la zone industrielle de la chimie. Loin d’être suffisants pour les 700 personnes environ qui transitent par Calais. Des douches prévues en juin sont toujours en attentes d’être disponibles.
Aux dernières nouvelles, ce jour 20 septembre, il semble que 14 douches soient installées?

 

 

Dehors, fermons les yeux

Cette situation humaine soulève tant de questions, de débats, de colère, d’incompréhension.
En tant que simple citoyen nous manquons d’éléments pour comprendre et agir sur les raisons qui poussent tant de gens à fuir leur pays.
Les questions politiques et économiques au niveau de l’État nous sont obscures, les intérêts des pays et tous les enjeux nous son inconnus.

 

Thé du matin

 

Dehors ou dedans ?

En attendant que toutes ces questions trouvent une solution acceptable et digne…
Allons nous laisser des personnes sans secours humain?
Allons-nous refuser de tendre la main à un enfant, une femme, un homme, fussent-ils d’un autre territoire de la planète?
Allons-nous fermer les yeux devant les humiliations continuelles qu’ils subissent?

 

 

 

 

En attendant que le linge sèche…

 

Non plus dehors
Même si je ne te connais pas, et ne sais d’où tu viens,
Je vois ce que l’errance et les souffrances de ton chemin inscrivent dans ta vie
Abel, Shushana, Alex, Samha, Ahmad… Vos prénoms, vos visages me sont devenus familiers, ils font parti de ma propre route.

 

 

 

Inlassablement des personnes, des familles, de Calais et d’ailleurs, s’engagent,
par le biais associatif, à soutenir ceux qui marchent sur les routes de l’exil.
Ils sont un baume bienfaisant sur les blessures de notre humanité.

Émoi dans le quartier

« Autour de Noël s’est répandue la rumeur d’une possible visite du Pape dans notre quartier, l’émoi en a saisi les habitants. »

Les petites sœurs de la fraternité de Milan partagent cet événement.

 

 

Merci d’être ici avec nous

Comment on va faire?

La joie des voisins ne se fait pas attendre :
« mais alors c’est vrai, il vient chez nous,
comment on va faire ? »

Joie mêlée de préoccupation à cause de l’état de dégradation du quartier.
Quelque voisins proposent de faire un nettoyage général, d’autres pensent de laisser en l’état pour que tout le monde voit la situation.

 

 

Effervescence

Les idées ne manquent pas, et l’enthousiasme de penser que nous existons pour quelqu’un nous pousse à le recevoir comme il se doit.

Un café, ou peut-être le maté ? Ou bien un plat typique de nos différents lieux.

 « Nous ferons de notre mieux pour qu’il se sente bien accueilli, comme à la maison, en famille », disent les voisins.

 

Le cadeau est offert

 

Un cadeau souvenir

Avec les habitants, nous avons participé à la confection d’un cadeau :

un grand cahier où écrire tous les désirs, les vœux, les prières, les dessins des enfants. Les feuilles colorées pleines de joie et d’affection sont déposées chez nous. Bonheur de savoir que quelque chose d’ici sera lu par François.

 

 

 

Des mains se tendent

« Une foule cherchait à le voir »

La veille, dans bien des maisons et chez nous aussi, des amis, de la parenté, des collègues… sont venus dormir.

Le soir, le cœur léger, nous prions comme tant d’autres autour pour que ce soit un jour de paix, de joie, de « fraternisation » et qu’il ne pleuve pas !

 

 

 

 

 

Regroupements en secteurs

Le grand jour

Le samedi 25 depuis 6 heures du matin les volontaires, parés de foulards blancs et jaunes, sont à leur poste. Petit à petit les espaces aménagés se remplissent d’une population joyeuse. Quelque chose d’unique est en train de se passer.

 

 

 

 

Paroles de reconnaissance

 « C’est vous qui m’accueillez à Milan, c’est un grand cadeau pour moi d’entrer dans cette ville en rencontrant vos visages, vos familles, une communauté. C’est à partir de vous que je me rends au «centre », merci pour votre accueil si chaleureux… »

Joie de la rencontre

 

Dans les cœurs des voisins, dans les nôtres, nait une certitude : c’est nous, la périphérie pleine de problèmes, de carences, qui accueillons cet homme de paix et de tendresse.

 

 

 

 

 

Un parfum de fête

Une petite heure qui a laissé un parfum de fête pour toute la journée. Et, tandis que les enfants jouent avec les nombreux foulards, nous prolongeons avec les voisins, sous les portiques, l’émotion de cette rencontre.

«Ses gestes concrets  pour les malades, sa simplicité nous ont touchés ».
« Il reconnait notre dignité, il nous regarde dans les yeux avec amour… « 
« Il parle d’un Dieu de Paix qui va au-delà de toutes les barrières. »

 

Pour voir les photos de la visite du Pape François aller sur le site de la paroisse de ce quartier de Milan