Troisième appel

En dialogue avec Jésus

 

Grâce à un temps spirituel sur le dialogue entre Jésus et Nicodème,
Alice Ann, petite sœur à Anchorage en Alaska relit ce qu’elle nomme :

« Le troisième appel »

« Personne ne peut voir le Royaume de Dieu s’il ne nait pas de nouveau ».
Dit Jésus à Nicodème

 

 

 

Colombe de l'Esprit sur une personne
Dire « oui »

 

Premier appel:

Ce premier appel eut lieu lorsque je suis entrée dans
la communauté il y a plus de cinquante ans.
Tout quitter, famille, amis… pour l’inconnu
fut un véritable déracinement.
Mais la joie et le dynamisme m’ont permis ce pas décisif.

 

 

Coeur-Croix crèche
Un chemin, une spiritualité

 

 

Deuxième appel

Après de nombreuses années, vient un « Deuxième Appel »,
celui de répondre librement « oui » à ce chemin, cette spiritualité,
et m’y engager avec la communauté.

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Silhouette de personne âgée
L’âge avance

 

 

Troisième appel

Des années plus tard… arrive l’appel de la maison de retraite.
C’est le même genre de déracinement que lors du premier appel.
Seulement la joie et le dynamisme ne sont plus au rendez-vous,
plutôt une acceptation résignée.

L’éloignement de ma fraternité après toutes ces années m’a coûté.
Bien que d’autres petites sœurs vivent ici, je me suis sentie isolée,
désorganisée, avec l’impression de perdre mon identité de religieuse.

 

 

Jeux de cartes
Moments de convivialité

A l’écoute

En écoutant les autres résidents, j’ai pris conscience que nous partagions
la même expérience. Ils avaient fondé une famille, acquis une maison,
cultivé avec goût un bout de jardin… et soudain, généralement à la mort
du conjoint, tout leur est enlevé!

 

 

 

Alors que je nageais dans une piscine d’apitoiement,
une parole de la Bible est venue me rassurer, m’encourager:

« Je vivrai dans la maison de l’Éternel tous les jours de ma vie ».
Psaume 27

Oui, peu importe où je vis parce que je suis dans la maison du
Seigneur, tous les jours de ma vie.

 

 

 

Sortie de mes murs

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Ma vie a de nouveau un centre.

J’ai cessé de me concentrer sur moi-même.
Lentement, je me sens être chez moi ici.
Des amitiés se nouent, une reconnaissance mutuelle s’installe,
dans un groupe nous échangeons des livres, avec un autre
nous regardons ensemble les match de football à la télé…

C’est le début d’une réponse au « troisième appel »!

 

 

 

 

Nicodème répond à Jésus:
« Comment est-ce que quelqu’un peut naître quand il est vieux? »

Jésus répond :
« Je te le dis, c’est la vérité, personne ne peut entrer dans le
Royaume des Cieux s’il ne naît pas d’eau et d’esprit.

Ce qui est né de la chair est chair.
Ce qui est né de l’Esprit est esprit. »

Jean 3, 1-21

 

 

Nouvelle étape

 

« Heureuse de tout ce que j’ai vécu,
Heureuse dans l’aujourd’hui,
J’aborde avec confiance une nouvelle étape. »

Par ces mots, à peu près identiques pour l’une et l’autre,
Thérèse et Bernadette expriment la même conviction au
moment d’entrer ensemble en maison de retraite.

 

Histoires de stationnements…

 

Étape de la vie nomade

Il était une fois… Thérèse et Bernadette.
Elles ne se connaissaient pas mais toutes les deux avaient le désir
de suivre Jésus dans le chemin de la Fraternité.
Toutes les deux souhaitaient vivre avec les populations nomades.

Des routes différentes passées par l’Algérie, la France, les Pays Bas…
Que d’histoires à raconter!

 

 

 

Bernadette s’active à la cuisine

 

Étape de la fête foraine

Et puis un jour leurs chemins se rejoignent, avec d’autres petites sœurs,
chez les forains qui circulaient dans l’Est de la France.

« Après un remplacement de petite sœur à la fraternité foraine,
je me suis plu dans ce milieu et depuis j’y suis restée. »

« Dans ma famille, quand une fête foraine s’installait dans la commune,
on aimait y aller. Alors ce fut une joie pour moi de retrouver ce monde
et cette fois du côté de ceux qui en vivent. »

 

Thérèse trie, prépare les paquets…

 

 

Le quotidien des forains ce sont les déboires sur les places,
l’incompréhension des gens, mais surtout une grande entraide.
Nous avons bénéficié de ce soutien, et l’avons partagé.

Nous  sommes comme une grande famille qui vit ensemble les
événements familiaux : ceux qui apportent du bonheur et ceux
qui affligent.

 

 

 

La caravane au fond de la cour

 

Étape de la sédentarisation

L’âge avançait, les santés se fragilisaient…
il fut temps d’arrêter les déplacements sans pour autant
quitter ce milieu de vie si riche d’amitié.

« Il y a 27 ans nous plantions notre caravane à Saint Dizier,
parmi d’autres forains dont les parents circulaient moins. »

 

 

Ranger les moules de l’artisanat

Nouvelle étape

« Quitter ce monde d’amitié, d’affection reste une étape difficile, se
retrouver entre quatre murs alors que l’on vivait pratiquement
dehors avec les autres… »

Nous nous rapprochons d’une fraternité dans l’Oise,
et nous éloignons donc de l’Est de la France.

Si les moyens de communications modernes peuvent adoucir la séparation,
nous savons bien que le goût de discussions autour d’une tasse de café
est irremplaçable.

 

La crèche : Dieu avec nous tous

 

 

 

« Pourtant, nourries de l’amitié, des liens tissés avec les forains,
d’autres voisins, des gens de la paroisse… et heureuses de tout
ce vécu, nous avançons sereinement vers l’étape suivante. »

 

 

 

Quel est mon désir?

 

Désir de rencontrer les autres, de s’ouvrir à une autre culture…

Sarojni, petite sœur originaire de l’Inde, découvre le continent Sud Américain
et plus particulièrement le Mexique. Tout un autre monde !
Un cheminement qu’elle nous partage.

Sarojni et Giuseppina

 

Grace  à l’accueil chaleureux de mes sœurs,
je me suis sentie vite à l’aise, heureuse d’être là.

 

Ce déracinement est une expérience importante pour moi.
Je remarque, que quelque soit le pays, le continent, assurer
son quotidien et celui de sa famille reste la préoccupation
de toute personne.

 

 

 

 

 

 

 

Pannes sur la route

L’esprit et le cœur ouverts ne suffisent pas pour aborder de tels changements.
Je suis tombée en panne plusieurs fois, à cause de la langue.

Quelle fatigue de ne rien comprendre.
Avec les cours d’espagnol, ça va venir petit à petit, alors patience.

 

La vie du marché

 

 

Apprendre autrement

Laissez-moi vous dire ce qui m’a aidée à entrer dans cette nouvelle vie…

 

Observer :

J’ai regardé les autres autour de moi,
et j’ai choisi ce qui était
le mieux pour avancer sur mon chemin.

 

 

Les trams toujours pleins

 

– J’ai vu mes sœurs aînées  fidèles, engagées, travailleuses.
– J’ai vu au marché les vendeurs qui se démènent,
– et aussi les personnes qui se précipitent au travail,
– les bus qui ne se vident jamais,
– les parents avec leurs enfants, etc.

Quelle bonne école pour aborder une nouvelle vie.

 

 

 

 

Participer aux célébrations
Participer :

Participer à des célébrations traditionnelles, à des groupes de partage…
autant d’occasion de rencontrer les autres et de mieux se connaître.

 

Travailler

Employée quatre heures par semaine dans une famille, principalement pour
le ménage,  j’éprouve la satisfaction de participer à notre vie économique.
De temps en temps, avec petite sœur Giuseppina, je vais aussi faire la
vaisselle dans une salle des fêtes.

 

 

Partager avec les autres

Quel est mon désir profond ?

Habituée à une vie régulière, j’ai été surprise par l’absence
de célébration durant le temps du confinement.

Ce fut une expérience unique et une question pour moi :

« Quel est mon désir profond ? »

 

 

 

Je remercie Dieu qui donne, à travers tout changement,
l’occasion de nous ouvrir, d’évoluer.
Quand nous nous vidons,
Dieu nous remplit de quelque chose de nouveau.

Je prends ce temps comme une grâce pour apprendre plus…

 

Revoir nos plans !

 

Sur un terrain des gens du voyage en Italie,
après quelques mois d’absence,
Chiara et Rania, redémarrent la fraternité avec Daniela et Sofia.
Désirs, projets, plans… s’élaborent et… volent en éclats.

 

Prendre le temps

Nous avons pris le temps de relire l’histoire de cette fraternité,
les relations construites depuis des années avec nos voisins.
Nous avons pris le temps de goûter les liens d’amitié,
sur et en dehors du terrain, tissés par celles qui nous ont
précédées et d’en être reconnaissantes.

Nous nous sommes partagées nos désirs, nos questions…
Daniela et Sofia entrent petit à petit dans cette histoire.

 

 

A nos pinceaux

Une autre réalité s’impose : le coronavirus !

Préoccupées par l’extension de la pandémie, la première
conséquence a été de revoir nos plans…
Et de choisir : « Je reste au camp »

Puisque nous ne pouvions circuler nous avons pris nos
pinceaux pour préparer une bonne réserve de pierres
peintes en espérant pouvoir les vendre l’été.

 

Préparer les aromates

Chemin Pascal

L’enfermement forcé et la violence de cette pandémie ont assombri le chemin vers Pâques.
Pourtant, comme le Pape l’a dit pendant la veillée pascale,

   « A l’heure la plus sombre, les femmes, ne fuient pas la réalité.
   Elles préparent les parfums pour le corps de Jésus »…

et nous en avons senti la bonne odeur.

 

 

Temps de solidarité

 

 

Il y a eu le parfum de la solidarité :

Tant de personnes se sont préoccupées d’aider nos amis gitans et nous mêmes :
colis, argent, médicaments, alimentation… à partager entre tous.

 

 

 

 

       

 

  Il y a eu eu le parfum de la prière :

Ayant plus de temps disponible, nous en avons offert davantage pour la rencontre avec Dieu.

– Entre nous à la fraternité, partage quotidien de la Parole de Dieu, intercession, louange.
– En solitude, un jour par semaine.

 

 

 

 

 

Les œufs de Pâques
Le parfum du jour de Pâques

On n’oubliera jamais Lucrezia, notre voisine, qui le matin de Pâques est entré
dans notre roulotte encore dans l’obscurité, avec une petite bougie allumée :

« Je viens vous donner la lumière du Christ Ressuscité. »

Et puis c’est la joie : la valse des assiettes de la fête et des œufs en couleurs qui
circulent dans tout le terrain.

Jésus nous l’avait dit qu’on le rencontrerait « sur les routes de Galilée »

 

 

 

Le baiser du petit Léo
Il y a eu le doux parfum des solutions inattendues…

Respecter les distances, mais alors comment s’embrasser?
Le petit Léo nous donne la solution :

– un jour il arrive chez nous avec un baiser dessiné sur un bout de papier!
– Mieux encore : il arrive un soir et profite de l’obscurité de notre baraque
pour nous embrasser.

 

 

 

Nous sommes heureuses de notre Galilée pour y reconnaître
Celui qui est vivant et qui vient à notre rencontre.

Egale dignité

 

« Faudra-t-il donc que jusqu’à la fin des siècles
il y ait toujours des groupes humains qui en
méprisent d’autres !… » 

 

 

Partager sa culture

 

 

Lorsqu’en 1951 Petite sœur Magdeleine parcourt le monde
pour y implanter des fraternités, elle découvre des situations
de haine, de conflits, de racisme, de supériorité d’un groupe
humain sur un autre…
Elle en est bouleversée et cherche sans violence mais avec
détermination, à stopper ce grave fléau partout où elle passe.

 

 

 

Elle exhorte les petites sœurs :

« Là où vous aurez passé, si petit que soit le passage,
il faut
que vous ayez supprimé cette barrière douloureuse
de
mépris et d’ironie qui sépare les milieux et les races. »

 

Rencontre internationale

 

Mise en commun des richesses

 

 

Ce désir d’unité est devenu si fort qu’il influence le choix
de certains lieux d’implantation des fraternités:
– dans deux villages opposés par des rancunes meurtrières,
– de part et d’autre des murs entre populations,
– parmi des peuples méprisés par les autres,
– dans des quartiers marginalisés…

 

« C’est trop affreux la haine et on la côtoie à chaque pas.
Les hommes s’entredéchirent moralement et physiquement. »

 

 

Et cela ne suffit pas, quel sens en effet auraient ces choix si entre nous
nous ne les vivions pas?
Chaque année une session de formation rassemble des petites sœurs de
tous les continents, lors des premières sessions cette internationalité
remplit de joie Petite sœur Magdeleine.

 

 « Je me prépare avec tant de joie à voir arriver plus
de deux cents petites sœurs des quatre continents »

Cela va poser le problème de langues, et surtout celui de
l’amour universel à cause des différences de tempérament,
d’opinion, qui peuvent faire terriblement souffrir entre les
races, peuples, nations, milieux.

C’est une occasion unique de dépister ce qui nous fait ne
trouver
bien que ce qui cadre avec notre tempérament,
notre culture et notre race. »

 

Une rosée bienfaisante

 

« Quel bonheur, quelle douceur d’être ensemble
C’est comme un parfum qui descend sur la tête
Comme des perles de rosées qui descendent sur les collines
C’est là que Dieu donne sa bénédiction, la vie pour toujours. »
Livre des Psaumes, 133

Confinées

Grille de portail
La grille s’est fermée

Une grille fermée, en précaution sanitaire,
ne veut pas dire rupture des relations avec les autres…

Que nous en ayons l’initiative ou qu’elle soit la leur, les
communications par téléphone, mails, réseaux sociaux
avec nos familles, amis, diverses connaissances…
nous font du bien.

Nous gardons soin les uns des autres
dans l’inquiétude ou la sérénité selon
les circonstances traversées.

 

Devant l'ordinateur
Garder des liens

Familles et vie sociale

Soutenir par téléphone le moral d’une parente  âgée qui se laisse dépérir
seule à la maison.
Puis soulagement en apprenant que sa fille au chômage décide de venir
près de sa mère.

Entendre la difficulté d’un neveu confiné à la maison. Il vit seul, de tempérament très actif, même avec un petit jardin il tourne en rond.
« Ce ne sont pas des vacances et mon salaire va s’en ressentir ».

Privée de rejoindre ses amies de tricotage, dans une maison de retraite à proximité de la fraternité, Martha garde le lien par téléphone. Ces petits signes d’amitié sont importants surtout pour ceux qui sont malades, seuls.

 

Rues désertes

 

Nos propres réactions:

« Ce confinement me pèse, c’est comme si ma liberté était entravée ».

« Le brouhaha de la ville, l’animation des rues, la foule des jeunes de
notre quartier universitaire, la paroisse… me manquent.
Nous sommes peu habituées à rester enfermées dans nos fraternités. »

Un jour Claude s’exclame :
« Quand ce sera fini, je pars toute une journée dehors,
vous ne me verrez plus jusqu’au soir »!

 

 

 

Prête à sortir pour les courses

 

Monde rural:

« Nous sommes à la campagne, nous sentons moins l’inquiétude.
Au marché, les clients restent à distance les uns des autres et
des vendeurs.

Le port du masque n’est pas unanimement répandu.
Si je me sens tranquille, l’une de nous exprime sa peur de sortir. »

 

 

 

 

En cité populaire

A quatre dans l’appartement, parfois on s’agace,
mais dans l’ensemble ça va.
Les voisins sont courageusement enfermés, pour le moment…
Maïté a recommencé à travailler, la chance !!!
Moi je dois encore attendre.

 

Confection de masques

 

Nous avons commencé la semaine dernière une petite fabrication de
masques pour nous et quelques voisins,
ça nous occupe et c’est un joli travail communautaire.

Notre logement étant au rez-de-chaussée nous pouvons parler avec des passants et voisins pour la grande joie de nos deux sœurs plus âgées qui ne sortent pas du tout.

 

 

Un soir de mars à 20 heures… Merci aux soignants

 

Pandémie

 

 

         Communiqué de la CORREF

               (Conférence des Religieux et Religieuses de France)

 

 

 

 

« ÉCOUTER »

À la demande de l’État, l’Église catholique de France, comme les autres cultes, a mis en place un numéro d’écoute et de soutien spirituel :

0 806 700 772 de 8h à 22h 7/7.

Souci donc de santé publique en quelque sorte. Car si la pandémie qui nous frappe, la catastrophe qui survient, le tragique qui entre avec violence dans les vies, les familles, les amours, posent bien des questions sanitaires, économiques, politiques, elles viennent aussi interroger le sens de nos vies, leurs grandes précarités. Toutes choses qu’au creux de nous-mêmes nous savons, mais oublions vite – heureusement sans doute – dès que le tourbillon des activités et des obligations reprend ses droits.

Ouvrir ce numéro, pour tous les religieuses et religieux qui se sont proposés comme écoutants, parmi bien d’autres, ce n’est pas chercher à promouvoir quelque chose, pas même la foi, ni davantage à vendre quoique ce soit. C’est juste bien pauvrement se rendre un peu présent à la détresse, à l’effroi, à la peine de tant et tant. À cette question infinie, « pourquoi ? »

De nombreuses initiatives ont lieu dans les diocèses, spécialement autour des équipes d’aumôneries hospitalières et qui font un travail magnifique. Dans des associations aussi comme le Secours Catholique. Tout cela est bien nécessaire, spécialement quand les si douloureuses questions des funérailles arrivent, avec leurs cortèges de drames supplémentaires en temps de pandémie et d’impossible rapprochement. Là, il s’agit seulement d’écouter, sans jugement aucun sur rien, pas plus moral que médical, religieux ou politique. Écouter comme un abri à la détresse, à la question, au désarroi, sans savoirs à assener.

C’est ce que modestement nous souhaitons offrir à tous, avec les autres confessions chrétiennes, avec nos frères et amis juifs, musulmans, bouddhistes. Être tous de minuscules combattants du lien quand la douleur, l’isolement, la mort, viennent délier, défaire nos existences. Offrir une hospitalité. Soutenir une espérance.

Sr Véronique Margron op. Présidente de la CORREF

0 806 700 772 de 8h à 22h 7/7

Ilot d’accueil

 

 

« Je découvre Lampedusa comme un lieu qui appartient
à des mondes différents;
C’est une petite île, plus proche de l’Afrique que de l’Italie.
Elle est un symbole, un message de fraternité. »

 

Que veulent dire ces mots de Franca, petite sœur en Italie?

A la demande de l’Union Internationale des Religieux, elle s’est rendue,
avec deux autres sœurs de congrégations différentes, à Lampedusa à  la
rencontre des migrants et des habitants de l’île.

 

 

De frêles embarcations

 

Accueil sur la jetée

« Un jour de février j’ai été admise à faire partie du groupe
d’accueil sur la jetée où s’activent surtout les militaires.
Nous attendions 70 personnes en provenance de Libye,
leur frèle embarcation surchargée était secourue par
les gardes côtes.

L’attente était longue, j’étais très émue, je priais car l’opération
était risquée jusqu’au bout.

 

Hors danger

Enfin nous pouvons serrer des mains abîmées, offrir un
verre d’eau, un sourire, un mot de « bienvenue ».
Malgré la fatigue, la joie d’être tous saufs illumine les visages,
les leurs et les nôtres.
Les gardes côte, fatigués eux aussi, ont le regard serein d’avoir
sauvé des vies, j’ai de l’admiration pour eux.

 

Sur la place

 

Libérer la parole

Le lendemain nous nous retrouvons sur la place de l’église,
ou encore en petits groupes autour d’un café au « Bar de l’Amitié ».

Une des premières nécessités est trouver l’accès au Wifi afin de
rassurer les familles restées au pays.

 

 

Au bar de l’amitié

 

 

Cette démarche faite, la parole se libère, jour après jour j’écoute
leur histoire. Ils sont tous différents et tous de la même humanité,
avec le désir d’une vie meilleure, de vivre dans un pays « normal »
où comme l’un d’eux disait:
« Je ne serai ni battu ni méprisé ».

 

 

 

Comment être proches ?

Maurizio de la communauté paroissiale aime les accueillir,
il leur fournit des petites pizzas, des cigarettes.
Mes sœurs les consolent avec des bonbons,
une association les met en lien pour envisager la suite…

 

 

 

Une étape

Lampedusa est un lieu de passage, premier bout de terre
ferme depuis la Libye mais pas la dernière étape de leur
odyssée, comme beaucoup le croient.
A cela ils me répondent : « mais nous sommes en vie » !

 

 

Par Luca Siragusa — https://www.flickr.com/photos/lucasiragusa/5254484262/in/photostream/Uploaded by MrPanyGoff, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18610709
Tous les habitants se connaissent

 

Avec les habitants de l’île

Tous les gens se connaissent, la paroisse est fervente.
C’est important pour moi d’être ici, la beauté de l’île et
surtout l’accueil des gens est magnifique, les portes nous
sont ouvertes et ils comptent sur nous pour visiter les
personnes âgées et malades.

« Dans un monde qui bouge, nous avons nous-mêmes des déplacements à faire.
Laissons-nous surprendre, osons risquer, sortir de nos sécurités pour répondre
aux appels et aux événements. »
Relecture internationale de la Fraternité

 

 

 

 

 

Humaine parmi les humains

« Comme Jésus, pendant sa vie humaine, fais-toi toute à tous :

arabe au milieu des arabes,
nomade au milieu des nomades,
ouvrière au milieu des ouvriers…
mais avant tout humaine au milieu des humains. »

Petite sœur Magdeleine

 

Foraine avec les forains

Il y a quelques années…

Patricia souhaitait partager la vie des petites sœurs insérées dans le monde des forains :
dans son rétroviseur quelques moments de découvertes resurgissent.

 

Décor du stand des jeux

 

Stationnement à St Dié
Réaction étonnante:

« En arrivant à la fraternité foraine, je retrouve la caravane où j’avais dormi lors de mon stage de regardante ou plutôt essayé de dormir! En effet je ne connaissais pas les installations « petites sœurs ».

 

 

 

Branchements à l’eau

 

 

Au moment où j’ai trouvé mon lit, le matelas était attaché par des sangles,
j’ai supposé que c’étaient des sangles de sécurité alors,
quand je me suis couchée,
je me suis consciencieusement attachée afin de ne pas tomber de mon lit superposé.
Mais voilà, à chaque fois que je voulais me retourner, impossible,
les sangles tenaient bien!

Et la nuit parut longue, très longue…
Dans une situation nouvelle on a parfois de drôles de réactions.

 

 

 

Affiche des crêpes

 

Les crêpes !

Le souvenir d’un passage à Bézier fut la fabrication de mes premières crêpes sur la fête foraine. J’avais une pétoche terrible car je n’avais aucun apprentissage si ce n’est de me former sur le tas!

Des enfants m’ont surprise en train d’en faire une et ils ont vu le résultat : pas terrible!

 

 

 

T’en fait pas ma sœur

 

 

Alors l’un d’eux m’a dit :
« t’en fait pas ma sœur, tu me la fais pour 100 balles (1 euro) et t’en fais pour eux aussi ».

« Eux aussi » arrivèrent en nombre bien sûr!

C’était l’occasion à ne pas manquer pour eux et pour moi aussi.
Je pouvais apprendre sans peur car des enfants ne font pas peur
et ce sont de bons pédagogues.

 

 

 

 

Une amie foraine :

« Notre surprise fut grande de voir des petites sœurs arriver sur la fête.
Nous ne comprenions pas pourquoi des religieuses venaient là avec une
caravane. Certains ont vu de la concurrence, mais bien vite nous avons
compris leur présence parmi nous, et pourquoi elles étaient là avec nous
forains. »

 

 

 

Décor du stand des jeux

Murs effondrés ?

 

Par la force de la liberté, de l’espérance, du courage des murs s’effondrent,
Il y a trente ans c’était en Allemagne.

 

Barbelés de Calais

 

 

 

Et aujourd’hui?

Qu’en est-il des murs encore présents sur notre terre?

Qu’en est-il de tous ces murs qui persistent dans nos cœurs et nous empêchent de chercher de meilleures solutions?

 

 

 

Mur de soutien ou barrage?

En bas des murs

Monique, petite sœur à la fraternité de Toulouse, et Anne
sa nièce reviennent de deux semaines à Calais, au service
des exilés dans le cadre du Secours Catholique.

Sur la route du retour nous échangeons sur tout ce que nous venons de vivre,
de ceux que nous avons rencontrés aussi bien migrants qu’acteurs généreux
du Secours Catholique et autres associations.

 

 

 

Un matin à l’accueil

 

Murs de peur, d’incompréhension

Comment partager toutes ces rencontres?
Parler de Calais  suscite tant de réactions d’incompréhension,
de peur, de rejet…

Arrivent aussi les vrais questionnements, l’intérêt, l’ouverture.

 

 

 

 

Aller plus loin?

Juste à notre retour, lors d’un repas d’anniversaire chez Anne, famille et amis, nous bombardent de questions :

qu’est-ce qui se passe là-bas? Qu’est-ce que vous avez vécu, qui sont ces gens, d’où viennent-ils, pourquoi restent-ils là en face de l’Angleterre?

 

 

Alors nous parlons de Safa, Tamra, Mustafa, et aussi
de Claudine, Omid, Philippe, Mariko, Hisham…
Nous sortons d’un regard global pour des rencontres
personnelles.
De choix décidés, malgré la mort au rendez-vous,
pour espérer un mieux vivre, plus de justice et de liberté.

 

 

Les murs s’effondrent,
les cœurs se laissent toucher.

Tout en gardant une réflexion informée sur tout ce qui se trame
derrière ces migrations, nous prenons conscience ensemble que les positions politiques, médiatiques ne sont plus aussi claires dans ce qu’elles présentent sur la question.

 

 

 

 « Faudra t-il que jusqu’à la fin des siècles, il y ait
toujours des groupes humains qui en méprisent d’autres?

Là où vous aurez passé, si petit soit le passage,
il faut que vous ayez supprimé cette barrière qui sépare
les milieux, et les races. »
Petite sœur Magdeleine de Jésus