La Fraternité Charles de Foucauld d’Ardèche propose
une neuvaine préparatoire à la Résurrection du Christ
du 26 mars au 4 avril:
« Marcher vers Pâques
avec
Charles de Foucauld »

De Charles de Foucauld
La Fraternité Charles de Foucauld d’Ardèche propose
une neuvaine préparatoire à la Résurrection du Christ
du 26 mars au 4 avril:
« Marcher vers Pâques
avec
Charles de Foucauld »
Après son engagement définitif dans la Fraternité,
en septembre 2020, Anna, Polonaise, est revenue
en Slovaquie où elle avait déjà vécu.
Elle nous partage les premiers pas de ce retour.
« Au début de l’année 2021 je me suis mise en recherche d’emploi, mais comment procéder alors que toute la population est confinée? »
Le seul moyen de recherche était par internet, puis les premiers
contacts par téléphone.
Ces entretiens par téléphone représentaient pour moi un défi :
celui de la langue !
Les obstacles humains m’ont projetée dans la confiance,
ma faiblesse ne pouvait qu’attirer la miséricorde et la
grâce de Dieu. J’ai confié toutes mes appréhensions à
l’Esprit Consolateur.
« La faiblesse des moyens humains est cause de force »
Charles de Foucauld à Nazareth en 1900
Par des amis, des connaissances, des propositions d’emploi m’ont été indiquées, mais je souhaitais vraiment rejoindre une équipe de travail
en entreprise.
Enfin, après un entretien et quelques négociations,
je peux embaucher à l’essai, fin janvier, dans une grande
buanderie moderne qui traite le linge des hôtels et des
hôpitaux.
Intégrée dans l’équipe du matin, je travaille pour le moment de 5 h 45 à 14 h 15, nous avons une pause à 10 h.
Mes collègues m’initient aux différentes tâches que nous devons accomplir, cela demande beaucoup d’attention surtout dans l’intense
bruit des machines.
Intrigués par ma présence, les collègues me posent beaucoup de questions: notre vie communautaire, la vie religieuse… l’un ou l’autre
me demande de prier pour sa famille.
Ma responsable de travail, quant à elle, n’a pas été étonnée
de me trouver là car, dans une autre entreprise, elle avait
déjà travaillé avec une petite sœur.
Une grande surprise a été de recevoir mon permis de séjour en Slovaquie pour cinq ans. Je ne suis plus une personne étrangère, sans identification, mais une personne assurée sociale dans le pays.
Par contre quand je retournerai en Pologne il me faudra un peu de temps pour retrouver mes droits sociaux.
Mon espérance se trouve en Dieu car,
là où je suis en son Nom,
Il m’assure de sa bénédiction
Pour aborder ce temps favorable de notre quête de Dieu qu’est le Carême,
une des fraternités de Toulouse s’est interrogée sur la qualité de vie,
dans les circonstances à la fois de pandémie et de vieillissement.
Nous faisons partie de cette société orientée vers le « faire », vers la quantité la rapidité…
« Je pense dans ma tête que je peux assumer telle ou telle situation,
que je peux prendre en charge telle démarche…
mais mon être ne suit pas, du moins pas comme je le voudrais. »
« Parfois me gagne la mauvaise conscience d’être moins active. »
Accepter que les années se soient accumulées, c’est difficile,
en fait l’acceptation c’est surtout les limites du vieillissement :
lenteur des gestes et des paroles, attention défaillante, oublis…
« Je mesure de plus en plus ma finitude, mon impuissance, mes limites… »
« Une amie m’a raconté qu’un jour elle s’est arrêtée en chemin se demandant :
« Pourquoi je marche vite? »
Cette remarque m’a interpellée sur mes propres précipitations.
Si je ne peux pas « faire tout ce que je veux » est-ce grave? »
Il y a un certain dépouillement à ne plus pouvoir accomplir autant,
c’est le temps de la confiance, de l’abandon… là le Seigneur m’attend.
Mon regard vers ceux qui, à travers nos familles, nos amis, et suite à la Covid,
ont tout perdu, vers ces étudiants qui dépriment, ceux qui n’ont pu accompagner
et revoir l’un des leurs hospitalisé, décédé…
Le regard bienveillant de l’autre en qui j’ai confiance,
qui m’éclaire sur mon propre chemin, mes choix.
Le regard de vérité sur moi même dans l’accueil de mon réel d’aujourd’hui,
mes limites, mes richesses… et aussi recevoir une sérénité qui s’installe.
N’est-ce pas à moi de choisir comment je veux vivre?
« Si la première partie de ma vie au milieu du monde est derrière moi,
La suivante est un chemin de profondeur. »
Accueillir cette vieillesse en route, « c’est moi qui l’assume, sous le regard de l’autre. »
La qualité de la présence à ce que je vis au moment présent,
dans mes tâches quotidiennes, avec les autres,
c’est cela qui est important. Cette qualité de présence me rend libre.
Grâce à un temps spirituel sur le dialogue entre Jésus et Nicodème,
Alice Ann, petite sœur à Anchorage en Alaska relit ce qu’elle nomme :
« Le troisième appel »
« Personne ne peut voir le Royaume de Dieu s’il ne nait pas de nouveau ».
Dit Jésus à Nicodème
Ce premier appel eut lieu lorsque je suis entrée dans
la communauté il y a plus de cinquante ans.
Tout quitter, famille, amis… pour l’inconnu
fut un véritable déracinement.
Mais la joie et le dynamisme m’ont permis ce pas décisif.
Après de nombreuses années, vient un « Deuxième Appel »,
celui de répondre librement « oui » à ce chemin, cette spiritualité,
et m’y engager avec la communauté.
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Des années plus tard… arrive l’appel de la maison de retraite.
C’est le même genre de déracinement que lors du premier appel.
Seulement la joie et le dynamisme ne sont plus au rendez-vous,
plutôt une acceptation résignée.
L’éloignement de ma fraternité après toutes ces années m’a coûté.
Bien que d’autres petites sœurs vivent ici, je me suis sentie isolée,
désorganisée, avec l’impression de perdre mon identité de religieuse.
En écoutant les autres résidents, j’ai pris conscience que nous partagions
la même expérience. Ils avaient fondé une famille, acquis une maison,
cultivé avec goût un bout de jardin… et soudain, généralement à la mort
du conjoint, tout leur est enlevé!
Alors que je nageais dans une piscine d’apitoiement,
une parole de la Bible est venue me rassurer, m’encourager:
« Je vivrai dans la maison de l’Éternel tous les jours de ma vie ».
Psaume 27
Oui, peu importe où je vis parce que je suis dans la maison du
Seigneur, tous les jours de ma vie.
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J’ai cessé de me concentrer sur moi-même.
Lentement, je me sens être chez moi ici.
Des amitiés se nouent, une reconnaissance mutuelle s’installe,
dans un groupe nous échangeons des livres, avec un autre
nous regardons ensemble les match de football à la télé…
C’est le début d’une réponse au « troisième appel »!
Nicodème répond à Jésus:
« Comment est-ce que quelqu’un peut naître quand il est vieux? »
Jésus répond :
« Je te le dis, c’est la vérité, personne ne peut entrer dans le
Royaume des Cieux s’il ne naît pas d’eau et d’esprit.
Ce qui est né de la chair est chair.
Ce qui est né de l’Esprit est esprit. »
Jean 3, 1-21
Il nous arrive d’espérer un Dieu magicien,
qui viendrait en aide à tous les indigents,
un Dieu fort qui accomplirait nos prières de demande…
L’Évangile nous montre Jésus dépendant, emmailloté par des femmes!
Dieu, a voulu se faire l’un de nous.
Il a voulu se solidariser avec l’humain jusqu’à l’extrême.
Il veut mettre ses pas dans nos pas,
marcher avec nous à travers le brouillard, les pandémies,
les guerres, et toute la liste interminable des souffrances humaines.
Toutes nos souffrances deviennent ses souffrances.
Notre espérance dans ces nuits est de croire
que Dieu se fait petit enfant dépendant.
Dieu s’humanise en naissant comme un pauvre
assujetti au pouvoir politique du moment.
Les premiers avertis sont des bergers pour lesquels il n’y avait pas de salut possible:
non seulement ils étaient rejetés des hommes, mais, selon la loi, de Dieu lui-même!
Or c’est justement à eux que Dieu va parler par l’intermédiaire de son ange,
Dieu leur annonce une bonne nouvelle dont ils vont être les premiers témoins,
Voilà que les grands exclus du « Salut » en sont les premiers bénéficiaires.
« Mon cœur est dans la joie à cause de Dieu qui me sauve. »
Livre de la Bible Luc 1,47
Cette page est construite à partir d’extraits de lettres de nouvelles
de petites sœurs et petits frères de nos fraternités.
Témoigner verbalement ou par le vécu,
d’un événement, d’un groupe, d’une personne…
apporte information à ceux qui écoutent.
Voilà un homme, il s’appelle Jean,
il témoigne d’une Lumière !
Il annonce la présence de cette Lumière.
Une Lumière que personne ne semble voir !
» Au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas. »
Des gens instruits l’interpellent :
« Qui es-tu? »
Et Jean témoigne qu’il n’est pas cette Lumière.
Il est juste une voix qui l’annonce et invite à la recevoir.
Un peu plus tard, dans les Actes des Apôtres,
Pierre relèvera et dira à un homme qui se prosterne devant lui :
« Relève-toi. Je ne suis qu’un homme moi aussi ».
Plus proche de nous, Bernadette Soubirous expliquera,
lors d’un interrogatoire sur les apparitions :
« Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire. »
Petite sœur Magdeleine dira et redira que la fondation de la Fraternité
n’est pas son œuvre à elle :
« Dieu m’a prise par la main, aveuglément j’ai suivi. »
Jean n’était pas la Lumière,
mais il rendait témoignage de la Lumière
celle « qui éclaire tout homme venant en ce monde. »
Texte : Évangile de Jean 1
Comme on se prépare pour une fête,
relisons notre histoire, préparons notre cœur,
pour de joyeuses retrouvailles.
Plus de masque ni de distanciation,
le nombre d’invités est illimité,
la rencontre est sans danger.
Bien qu’écrit quelques siècles avant la venue du Christ,
le texte qui suit ne résonne-t-il pas de manière si actuelle?
Le Peuple de Dieu, dans l’épreuve de l’Exil,
médite sur son histoire et revient supplier le Seigneur:
Pourquoi, Seigneur, nous laisser errer loin de tes voies
et endurcir nos cœurs en refusant de te faire confiance?
Tous, nous nous flétrissons comme des feuilles mortes,
et nos fautes nous emportent comme le vent.
Plus personne pour invoquer ton nom, pour se réveiller
en s’attachant à toi, car tu nous a caché ta face et
tu nous as laissés au pouvoir de nos erreurs.
Et pourtant, Dieu, tu es notre père,
nous sommes l’argile tu es notre potier,
nous sommes tous l’œuvre de tes mains.
Ce passage de la Bible, écrit par Isaïe au chapitre 64
est un des textes de la liturgie du premier dimanche de l’Avent,
ce temps durant lequel nous nous préparons à accueillir Celui
qui vient à notre rencontre : Jésus
« C’est seulement grâce à cette rencontre -ou nouvelle rencontre-
avec l’amour de Dieu, qui se convertit en heureuse amitié,
que nous sommes délivrés de notre conscience isolée et de l’auto-référence. »
« La joie de l’Évangile » n°8 Pape François
Un oiseau, un ange… apportent nourriture et réconfort
au prophète Élie qui se désole dans le désert.
La manne, les cailles sont la nourriture du Peuple de Dieu durant l’Exode.
Jésus multipliera les pains pour la foule venue le suivre et l’écouter.
Tout au long de la Bible, nous trouvons ces passages d’un Dieu attentif aux besoins des gens.
Après trois jours à suivre Jésus,
les foules sont fatiguées, affamées.
Jésus le sait : « Ils pourraient défaillir en chemin ».
Quand les forces diminuent, que la santé se fragilise,
que les déplacement deviennent difficiles…
Où trouver l’espace d’une relecture solitaire?
Comment retrouver l’intimité avec Dieu dans le silence?
Aux disciples inquiets de voir les foules fatiguées
s’en retourner sans nourriture,
Jésus leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger »!
Le souhait de compenser un manque spirituel, pour les unes,
Le désir de rafraîchir sa foi, sa quête de Dieu, pour les autres
vont se rejoindre et s’organiser.
Dans certains passages de l’Évangile on précise même
que Jésus les fait asseoir sur l’herbe.
Depuis plusieurs années, des initiatives se sont déployées
vers nos petites sœurs en maison de retraite ou en fraternité
quand elles ne peuvent plus se déplacer.
Cette année une session s’est ainsi organisée à Toulouse:
Deux amies, Sophie et Monique, déjà rodées en d’autres lieux,
ont participé avec Patricia, petite sœur de Toulouse,
à l’accompagnement de ce temps spirituel.
Pour cette semaine particulière, à neuf elles ont constitué une
fraternité autonome pour la prière, les partages de la Parole de Dieu
et des textes fondateurs de la Fraternité, la méditation…
Elles ont reçu ce temps comme un don de Dieu à travers la Fraternité.
« Donnez-leur vous-même à manger ».
*1 : Parole de Dieu Matthieu 15, 32
*2 : Parole de Dieu en Matthieu 14, 16
*3 : Parole de Dieu en Matthieu 14, 19
« Heureuse de tout ce que j’ai vécu,
Heureuse dans l’aujourd’hui,
J’aborde avec confiance une nouvelle étape. »
Par ces mots, à peu près identiques pour l’une et l’autre,
Thérèse et Bernadette expriment la même conviction au
moment d’entrer ensemble en maison de retraite.
Il était une fois… Thérèse et Bernadette.
Elles ne se connaissaient pas mais toutes les deux avaient le désir
de suivre Jésus dans le chemin de la Fraternité.
Toutes les deux souhaitaient vivre avec les populations nomades.
Des routes différentes passées par l’Algérie, la France, les Pays Bas…
Que d’histoires à raconter!
Et puis un jour leurs chemins se rejoignent, avec d’autres petites sœurs,
chez les forains qui circulaient dans l’Est de la France.
« Après un remplacement de petite sœur à la fraternité foraine,
je me suis plu dans ce milieu et depuis j’y suis restée. »
« Dans ma famille, quand une fête foraine s’installait dans la commune,
on aimait y aller. Alors ce fut une joie pour moi de retrouver ce monde
et cette fois du côté de ceux qui en vivent. »
Le quotidien des forains ce sont les déboires sur les places,
l’incompréhension des gens, mais surtout une grande entraide.
Nous avons bénéficié de ce soutien, et l’avons partagé.
Nous sommes comme une grande famille qui vit ensemble les
événements familiaux : ceux qui apportent du bonheur et ceux
qui affligent.
L’âge avançait, les santés se fragilisaient…
il fut temps d’arrêter les déplacements sans pour autant
quitter ce milieu de vie si riche d’amitié.
« Il y a 27 ans nous plantions notre caravane à Saint Dizier,
parmi d’autres forains dont les parents circulaient moins. »
« Quitter ce monde d’amitié, d’affection reste une étape difficile, se
retrouver entre quatre murs alors que l’on vivait pratiquement
dehors avec les autres… »
Nous nous rapprochons d’une fraternité dans l’Oise,
et nous éloignons donc de l’Est de la France.
Si les moyens de communications modernes peuvent adoucir la séparation,
nous savons bien que le goût de discussions autour d’une tasse de café
est irremplaçable.
« Pourtant, nourries de l’amitié, des liens tissés avec les forains,
d’autres voisins, des gens de la paroisse… et heureuses de tout
ce vécu, nous avançons sereinement vers l’étape suivante. »
Tel était le thème de cette année pour nos rencontres
« Marche et Parole » dans le Vercors. (Voir : Annonces)
Thérèse, participante de cette semaine,
nous fait goûter quelques mets de ce repas.
« Cette semaine « Marche et Parole » dans le Vercors me laisse de beaux souvenirs.
Nous étions dans un cadre saisissant, embarqués ensemble
comme dans une grande barque suspendue entre le
Mont Aiguille et la Grande Moucherolle.
Méditer la Parole en marchant, dans le silence,
puis dans l’écoute et le partage.
La lire avant d’aller dormir.
La relire le matin.
La prier au retour de la marche…
… et enfin la laisser nous habiter intérieurement avec l’Eucharistie.
Une semaine pour découvrir le charisme de la Fraternité grâce aux
textes de petite sœur Magdeleine mêlés aux méditations de frère Charles.
« Le Festin de Babette » concluait ce thème biblique « A table »
Un des signes dévoilé à tous, est arrivé au deuxième jour de la retraite:
– il m’a été de recevoir Jésus Enfant comme on reçoit la Parole,
Dans l’émerveillement!
Je joins l’action de grâce à cet émerveillement:
Parce que nous avons vécu de très beaux partages,
dans un esprit de fraternité.
Parce que la simplicité et le sourire de chacun est
un baume qui me rappelle que Dieu est Lumière et Joie!